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Barèges en 1938
Centre national militaire de ski
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Sceau
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[1] Barèges, 1938, c'est le résultat d'un effort étonnant réalisé par une poignée d'hommes qui ont eu la foi dans l'avenir de leur belle vallée et ont poussé bien souvent le dévouement vers les limites de l'abnégation, pour le mieux-être de leur petite cité.

Ceux qui, avant guerre, fréquentaient la station ne trouvaient là, en dehors des sites naturels, qu'une hôtellerie, ne pouvant guère recevoir plus de quinze personnes.

Mais dans la petite agglomération, quelques hommes de bonne volonté, des pionniers, pensaient déjà aux possibilités du tourisme encore à ses premiers balbutiements, méditaient l'action nécessaire.

Il y avait parmi ceux-ci : un Dat, juge de paix ; un Stebenet, directeur d'école en retraite ; un Sassissou, instituteur, qui, avec ténacité, préparèrent l'avenir.

Puis vint la guerre, qui amena, comme à tant d'autres petites communes, son cortège de deuils. Mais les premières années de l'après-guerre allaient donner le signal d'un renouveau à une activité qui devait aller, de plus en plus, en s'accélérant.

Dès 1921, l'expérience de la grande tourmente avait obligé le gouvernement à créer à Barèges un centre national militaire de ski, qui contribua puissamment au démarrage de ce sport où les rudes montagnards bigourdans allaient prendre petit à petit une place de premier plan, dans les compétitions nationales puis internationales.

C'est ainsi qu'un modeste instituteur, Cazaux, qui avait la foi, pensa à appporter sa pierre à l'édifice du sport français. "L'Avalanche" naissait forte de ... quinze membres ; mais rapidement la petite phalange allait sortir des as. Des modestes ceux-là aussi : Baa, puis Honta, qui fut un champion et ne se trouve point aujourd'hui diminué de donner des cours à tous ceux qui le sollicitent.

Puis un gosse, élève de l'école, poussé par son maître, se lançait dans un sport bien séduisant et de môme c'était Vignolles, qui depuis, devait porter les espoirs de bien des sportifs. En 1934-1935, il était champion de France et cette victoire devait créer une émulation formidable parmi les régionaux.

Mais un autre facteur de succès fut l'arrivée des moniteurs étrangers. Parmi les Norvégiens, le capitaine Reidstadt, champion olympique de saut ; Boëhm, et surtout le sauteur Simonnsen.

Puis, vinrent les Autrichiens Fels et Kohtleger qui allaient amener une technique nouvelle, presque inconnue encore, celle de l'Arlberg.

"L'Avalanche" progressait, le nombre de ses membres augmentait avec ses succès. Mais c'est en 1931 seulement que l'école fut ouverte à tous, entraînant dans son orbe un nombre considérable de néophytes.

Mais au cours de l'année 1930-1931, une désillusion attendait les animateurs de la station qui s'améliorait d'année en année : l'École militaire quittait Barèges pour s'installer à Mont-Louis, dans les Pyrénées-Orientales, pour des raisons s'inspirant de la défense nationale.

Une consolation devait être apportée aux Barégeois : l'installation d'un centre d'instruction pour le ski, ouvert aux jeunes gens préparant le brevet militaire de la spécialité.

En 1932, la station sent déjà venir vers elle les touristes, les sportifs et même les curieux ; aussi ses mentors l'équipent de façon vraiement sportive : des pistes sont créées, des tremplins sont édifiés par des souscriptions publiques.

En 1935, Cazaux et ses dévoués camarades réalisent une idée qui leur était chère depuis longtemps. Ils n'ont point d'argent pour construire le funiculaire qui leur paraît indispensable pour mettre en valeur les belles pistes du Massif du Lienz ; les sommes à engager dépassent 400.000 francs. Qu'importe, on va construire quand même, et tout de suite. On s'inquiétera plus tard !

Les travaux commencent, mais, en même temps, Cazaux et ses collègues ouvrent une souscription publique. Ils se remuent comme cent ; bientôt près de six cents souscripteurs ont apporté leur obole et le funiculaire de Lienz, œuvre de hardis pionniers, est réalisé suivant des conceptions bien démocratiques.

Cela ne semble point suffisant pour leur activité. Le Syndicat d'initiative est ouvert dans une belle villa moderne, des équipens de secours sont créées, le Syndicat loue le matérial nécessaire à la pratique du ski.

Celui-ci rapporte et le Syndicat, tout en louant bon marché, ne veut point faire œuvre mercantile ; avec les bénéfices réalisés, il va créer, l'œuvre du ski à l'école.

Cent paires gratuites de "planches" sont mises à la disposition des enfants qui, bien entendu, n'auraient point les moyens de se payer un matériel dont le prix augmente chaque jour.

Des cours gratuits sont donnés ; le funiculaire remonte "à l'œil" toute la joyeuse petite troupe et, après l'exercice sur le plateau, une bonne soupe bien chaude est servie.

Des cours pour les instituteurs sont donnés dans les mêmes conditions au cours de stages de quatre jours pendant lesquels les maîtres, sans rien avoir à débourser, apprennent la pédagogie du ski. Mais, si le Syndicat d'initiative de Barèges est une œuvre qui peut être donnée en exemple à tant d'autres, son hostellerie a évolué, elle aussi, vers le confort, pour donner le bien-être à ceux qui lui ont fait confiance.

Il y a encore beaucoup à faire, mais le commerce a pris une confiance énorme dans ses destinées et l'an prochain, au cours de la saison actuelle même, des modifications importantes seront apportées dans bien des hôtelleries, les mettant à égalité avec les plus modernes.

Urbain Cazaux nous disait naguère sa grande satisfaction d'avoir vu "l'Avalanche" enregistrer son millième membre actif ; Il y a loin de la modeste équipe des quinze qui avaient été à l'origine du mouvement et avaient fait confiance au destin.

Voilà l'œuvre accomplie ; voilà quelques phases de l'activité des hommes qui se consacrèrent à cette tâche. Puissent ceux qu'ils ont aidé comprendre la valeur des hommes qui ont donné à Barèges sa renommée, mais aussi et surtout son intérêt.

Placée dans un cirque d'une beauté incomparable, Barèges, située entre Luz et le Tourmalet, accueille ses visiteurs drapée d'un blanc manteau.

Dominée par le massif du Lienz, la montagne d'Ayré, les glaciers du Néou-Vieille (vieille neige), sur lesquels plus de 3.000 pistes s'enchevêtrent pour la satisfaction des skieurs, à l'est, par le Tourmalet et le Pic-du-Midi, à l'ouest, par l'Ardiden qui barre l'horizon, elle est arrosée par le "Bastan", un ruisseau qui murmure ou gronde tout au long de la traversée de la ville.

Une rue d'une netteté parfaite, jalonnée par des bordures de neige atteignant parfois quatre-vingts centimètres d'épaisseur, mène soit aux champs de neige des écoles de ski vers le bas, soit aux longues promenades vers les neiges vierges, dans sa partie haute.

On pourrait presque chausser "les planches" à la porte de son logis...


P. A.



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Notes

[1] Sources : Gallica.bnf.fr
Bibliothèque Nationale de France
En cournè det houéc
Journal des cours d'adultes
du département des Hautes-Pyrénées
Édité par la Société bigourdane d'entr'aide pédagogique
Auteur du texte - 1937.



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© Marie-Pierre MANET







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