Logo de la Bigorre

L'élevage
à Castelbajac
.



(© Madame Marthe Delas)


Sceau
00036426
copyrightdepot.com






ÉLEVAGE : En raison du climat, l'herbe pousse très bien, ce qui a toujours favorisé l'élevage. Chacun des habitants possédait quelques arpents ou quelques hectares de prairies. Il y avait d'immenses étendues de pâturages communaux. Anciennement, propriété des Barons de Castelbajac, ceux-ci, de temps immémorial, en ont laissé le libre usage à leurs vassaux. Ceux-ci avaient la possibilité d'en user à leur guise soit en exerçant le droit de "vaine pâture", soit en les cultivant, soit en les donnant en fermage à des communautés voisines. Cette dernière clause fut largement utilisée avec Lannemezan et Bégole. Certains villages voisins revendiquaient un droit de vaine pâture sur les landes de Castelbajac et Houeydets et cela fut prétexte à d'interminables procès avec Lagrange et Campistrous. Cela donna lieu aussi à quelques épisodes assez cocasses :

Lors d'une contestation de limites entre Lagrange et Castelbajac, le Baron, ayant mis dans ses sabots, de la terre de son château se rendit sur les lieux et dit, devant témoins :

"Je jure que je suis sur mes terres.".

Sa parole ne fut pas mise en doute.

On raconte que la maire de Campistrous était le frère du curé de Castelbajc. Celui-ci invita quelques édiles des deux communes à de plantureuses agapes au presbytère. Le vin ayant coulé à flots, les responsables de la commune de Castelbajac apposèrent leur signature au bas d'un document avantageux pour la partie adverse, et c'est ainsi que les habitants de Campistrous revendiquent des droits de pâturage sur une partie du territoire de Castelbajac en vertu d'un document, paraît-il introuvable.

Les propriétaires les plus modestes pouvaient nourrir leurs animaux sur les landes communales. Un usage voulait qu'à partir de l'automne, les récoltes étant engrangées, les animaux puissent pâturer sur tout terrain non emblavé, et ce, jusqu'à la fin de l'hiver, (généralement février). Celui qui souhaitait interdire à ses compatriotes d'exercer ce droit de pâturage, plantaient une grosse branche de houx au milieu de son champ. Dès que les premiers maïs étaient recoltés, les porcs étaient lâchés dans les bois et se nourrissaient de glands, faînes ou châtaignes. En 1839, il en a été lâché 140.

Selon l'importance de leur propriété, les habitants de Castelbajac possédaient presque tous une paire de vaches de race auroise ou gasconne. Les plus pauvres se voyaient confier par des gens plus ou moins maquignons, plus ou moins spéculateurs, des vaches à "mi-fruit" (moitié perte ; moitié profit). Ils profitaient du travail des bêtes, mais lorsqu'ils vendaient un veau, ils n'encaissaient que la moitié de son prix, l'autre moitié étant pour le propriétaire de l'animal. Ce système est dénommé "gazaille".

Dans les exploitations plus importantes, il y avait plusieurs paires de vaches et, parfois, une paire de bœufs.

Ces vaches qui étaient des bêtes de trait et n'étaient nourries que de fourrage, produisaient peu de lait mais il était très riche en matières grasses et en matières protéiques. Les veaux de boucherie étaient vendus à trois mois. Ils n'étaient pas très gros : entre 95 et 120 kilos. Leur chair était particulièrement colorée à cause du fer; très abondant dans le sol, mais cette viande était très savoureuse et, à la "Belle Époque", un boucher du XVI ème arrondissement de Paris, ne vendait que du veau acheté sur le marché de Lannemezan. Cette marchandise était particulièrement prisée par sa clientèle. Lorsque le lait de sa mère ne lui suffisait pas, le veau était suralimenté avec des œufs ou du blé cuit.

Tous les veaux ne partaient pas à la boucherie. Quelques uns restaient à la ferme et étaient destinés à remplacer vaches ou bœufs qui commençaient à vieillir. Certains éleveurs planifiaient leur élevage pour vendre chaque année une paire de bœufs ou de vaches bien dressés et en état de travailler. Cette pratique était très rentable.

Les races "Lourdaise" et "Blonde d'Aquitaine" étaient peu représentées. Leur viande était réputée moins savoureuse et elles étaient moins résistantes au travail que les Gasconnes ou les Auroises.

Chaque bête avait un nom.

Pour les bœufs, Mulet était généralement le bœuf de droite et Mascaret, celui de gauche : Castay ou Marty étaient plutôt pour les Aurois.

Pour les vaches, l'éventail était plus large : Mulette, Cardine, Barou, Gasconne, Poulide, Aubine, Soubay, Castagno. Les vaches laitières, peu nombreuses, étaient souvent appelées Piguetto.

Dans chaque village, il y avait un ou deux taureaux, lorsque une vache était "en chaleur", on la conduisait chez le propriétaire du taureau qui tirait un revenu appréciable de cette pratique. Ces bêtes étaient toujours à l'attache et, en vieillissant elles devenaient dangereuses. Leurs propriétaires finissaient toujours par être attaqués. Ils avaient heureusement, de bons chiens qui les aidaient à maîtriser le fauve.

Jusqu'à la moitié du XX ème siècle, vaches et bœufs rentraient tous les soirs à l'étable où ils étaient entravés. Dans des espaces relativement confinés, on leur faisait de bonnes litières de paille, fougères ou feuilles sèches. Cela donnait un amoncellement de fumier. Nos grand-pères avaient l'habitude de "tirer le fumier" tous les Samedis. Après quoi, il balayaient soigneusement la cour de la ferme.

Le matin, les bêtes qui s'étaient couchées sur leurs bouses, avaient leurs cuisses souillées. Selon les cas, c'était le maître de maison ou le valet qui râclait les souillures à l'aide d'une lame assez large. Généralement, les propriétaires avaient à cœur la propreté de leur cheptel.

Avec la vulgarisation du tracteur, vers 1950, le mode d'élevage changea complètement. Les bovins ne furent plus entravés et connurent la stabulation libre et le plein air intégral. Les bovins devinrent exclusivement des bêtes à viande. Il ne se créa pas de troupeau laitier. Les habitants de Houeydets et de Castelbajac n'appréciaient pas les contraintes horaires imposées par la production laitière.

Les troupeaux devinrent plus importants, jusqu'à une centaine de mères. L'insémination artificielle mise en place en 1951 fut couramment utilisée à partir de 1960. Toutefois, chaque troupeau conservait son taureau. Il y eut alors de sensibles progrès dans le gabarit et les qualités génétiques des animaux. Ce système permit à certains éleveurs de se spécialiser dans telle ou telle race : gasconne, limousine, charolaise ou blonde d'Aquitaine. Quelques uns ont persisté dans un pittoresque mélange de croisés de ces diverses races.

Pendant de longs siècles, apparaissaient périodiquement, des épizooties très meurtrières. La tuberculose, quasi-endémique dans certaines étables mal ventilées et peu ensoleillées, a disparu vers 1960.

La prophylaxie contre la fièvre aphteuse fut entreprise très sérieusement et la vaccination, obligatoire depuis le 1 er Avril 1962, fut abolie en 1992 "cette maladie n'existant plus en France". Pour la brucellose, la vaccination devint obligatoire vers 1970.

Deux cas de maladies très rares ont été observés ces dernières années : la Pasteurolose, chez un éleveur de Houeydets et le Botulisme dans un troupeau de Castelbajac. A l'heure actuelle (An 2000), il n'a été signalé aucun cas de "vache folle".

Autrefois, lorsqu'une bête malade venait à mourir, les voisins s'entraidaient pour creuser une fosse et enfouir profondément le cadavre de l'animal. On le recouvrait souvent de chaux vive. Si une vache était accidentée (patte cassée par exemple), la viande était saine. On la saignait immédiatement et chaque habitant du village en achetait quelques kilos, ce qui permettait à l'agriculteur victile de ce préjudice, de combler, en partie, sa perte.

Lorsque les vaches étaient nourries exclusivement de l'herbe qu'elles broutaient dans les prairies "naturelles" ou dans les landes et que, pendant la mauvaise saison, on leur distribuait ces mêmes végétaux séchés sour forme de foin ou de regain, elles avaient une nourriture à peu près équilibrée, grâce à la flore qui était très variée.

Le "progrès" de l'agriculture ont incité à créer des prairies dites "artificielles". Certes, le volume de fourrage augmente, mais les mélanges graminés-légumeuses laissèrent des carences chez les animaux qui devinrent plus fragiles et il fallut compléter leur alimentation avec des minéraux, des antibiotiques, des oligo-éléments etc...

La pratique de l'ensilage se développa (herbe ou maïis). Ce mode d'alimentation demande à être conduit avec précaution, un déséquilibre alimentaire pouvant avoir des conséquences graves.




           



[Plan du site passion-bigorrehp.org]



[Sommaire de Châtillon-en-Bigorre] [Commune de Castelbajac.]
[Généralités sur les Communes]
[Sommaire]



Chacun peut apporter son aide concernant les monographies de nos jours des communes de la Bigorre.

Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
.

© Marie-Pierre MANET







Bookmark and Share