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Le bétail
à Castelbajac
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(© Madame Marthe Delas)


Sceau
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MOUTONS :

Les ovins ont toujours été nombreux en Bigorre. De race rustique, ils étaient nourris des refus des bovins ou de la végétation des landes : fétuque ovine, bruyère, ajoncs. Les jeunes agneaux étaient commercialisés sur le marché de Lannemezan. Plus vieux, après avoir été châtrés, ils étaient engraissés avec des glands et des châtaignes, puis vendus à la foire de Tournay.

Dans la plupart des maisons du lieu qui nous intéresse, il y avait quelques brebis toute l'année, mais, certains paysans profitaient de la pratique de la transhumance. Des propriétaires des vallées d'Aure ou du Louron avaient leurs bêtes "en montagne" pendant l'été, dans des pâturages communaux. Pour la durée de l'hiver, ils les confiaient à des habitants "du pays bas" selon une formule qui leur était chère. Le printemps venu, ils reprenaient leurs bêtes, laissant à celui chez qui elles avaient hiverné, la moitié des agneaux et la moitié de la laine.

Ce système perdura jusque vers 1970. Le passage de ces troupeaux, au printemps et à l'automne était très spectaculaire. Plusieurs propriétaires se réunissaient et regroupaient parfois près d'un millier de brebis. Les sonnailles s'entendaient à plusieurs kilomètres, les hommes et les chiens encadraient le troupeau. Un mulet ou un âne tirait une petite charette qui transportait les agneaux nés en route. Certains allaient ainsi du Plan Aragnouet jusqu'en Armagnac. Le soir venu, bêtes et gens harassés faisaient escale dans une ferme et reprenaient la route le lendemain.

Ces déplacements "à pied" ne sont plus possibles aujourd'hui à cause de la circulation automobile. Les transports des brebis se font par camions et la transhumance a perdu toute sa poésie.

Dans le courant de l'hiver, le propriétaire venait voir ses bêtes : il descendait à pied jusqu'à Arreau, prenait le train jusqu'à Lannemezan et continuait à pied. Il mangeait et couchait "chez l'habitant" et lorsqu'il remontait chez lui, il emportait souvent un ou deux litres d'eau-de-vie.

Dans les années 1970, un élevage de brebis bien conduit était très rentable. Un éleveur de Castelbajac en avait environ 250 en élevage "intensif". Un procédé permettait de bloquer le cycle des femelles puis d'obtenir une ovulation multiple. Chaque brebis donnait ainsi au moins deux agneaux par portée et souvent trois ou quatre. On laissait un agneau à la mère et les autres étaient élevés au biberon avec du lait reconstitué. Vers 1980 arrivèrent sur le marché européen, via la Grande-Bretagne, des ovins d'Australie et de Nouvelle-Zélande à très bas prix. L'élevage intensif devint moins rentable.

Vers cette époque s'implanta un élevage d'une cinquantaine de chèvres. Le lait était acheté par la laiterie de Villecomtal, filiale de Gervais-Danone. Cet organime trouva à s'approvisionner en Espagne à moindre coût et cet élevage de chèvres disparut.

En 1996, vint s'établir à Castelbajac, une personne qui avait un troupeau de brebis laitières. Elle faisait du fromage qu'elle commercialisait sur les marchés locaux. Des problèmes de santé l'empêchèrent de poursuivre cette activité.

Autrefois, il n'y avait que peu de chèvres. Elles produisaient un peu de lait pour les enfants ou pour les agneaux dont la mère était défaillante. Comme il n'y avait pas de bouc dans le village, il fallait se rendre à Lutilhous où se trouvait un élevage assez important. Pour le rentabiliser, son propriétaire se rendait à Tarbes et parcourait les rues au son d'un haubois. Les personnes intéressées, surtout les enfants souffreteux sortaient avec leur verre que le chevier remplissait au pis de la chèvre et que le client consommait tout chaud, sur le trottoir. Ceci se passait aux environs de 1900.


CHEVAL - ANE :

Dans chaque famille, il y avait un cheval et (ou) un âne. Montés ou attelés, ils permettaient de "voyager" jusqu'à Lannemezan, Tarbes ou même Pau. Généralement c'étaient des femelles dont les produits étaient une source de revenus non négligeables.

Pour les ânesses il y avait des baudets, soit à Lannemezan, chez "Bourtoumiou" (Vidou), soit à Burg chez "Pé-de-Boumbo" (Tujague).

Pour les juments, le Haras de Tarbes avait un dépôt d'étalons de Lannemezan. En 1937, il y avait à Houeydets, une vingtaine de chevaux.

Les "Anciens" racontaient une anecdote intéressante : L'Émir Abd-el-Kader, voulant faire à la France un cadeau "royal" envoya deux étalons arabes. "Émir" et son compagnon. L'un de ces magnifiques animaux fut envoyé au Haras de Tarbes et c'est ainsi qu'il y eut de splendides descendants d'Émir chez Matrassou, Mounet, Estugatou, Bernadoulet.

Plus rares étaient les gens qui utilisaient leurs juments à la production de mulets. C'était d'un bon rapport. Vendus à Lannemzan, aux foires des Cendres ou de Sainte-Catherine, ils étaient très appréciés par les Espagnols.

Chevaux et mulets faisaient l'objet d'une intense contrebande avec l'Espagne. Deux habitants de Houeydets se livraient à ce commerce : Pierre Martin-Matrassou ( 1838-1915) et Simon Castets-Marianchou (ce dernier épousa en 1849 une personne d'Ozon- Lanespède". Son fils, connu dans la région sous le nom de Marianchou de Lanespède continua le commerce des chevaux).


PORCS :

En principe, chaque famille possédait une (parfois plusieurs) truie. Les procelets, on en vendaient quelques uns et on gardait celui (ou ceux) destiné à la consommation familiale. La première année de leur existence, ils étaient nourris assez chichement. Ils pâturaient beaucoup dans la journée et le soir venu, ils avaient droit à une pâtée plutôt claire, composée des épluchures et des restes de la cuisine mélangés à un peu de son. On les engraissait dans leur seconde année, lorsqu'ils avaient achevé leur croissance et étaient passés du statut de "néourigat" à celui de "passadé". Ils avaient alors droit à de grosses rations de glands, châtaignes, maïs et à un brouet de navets et pommes-de-terre que l'on cuisait dans d'énormes marmites en fonte (métaou). Ces animaux atteignaient un poids considérable, couramment 250 kilos et jusqu'à 300 et même 350 kilos. Les jambons frais pouvaient attteindre 40 kilos chacun et le lard une épaisseur de 18 à 20 centimètres.

Outre les animaux destinés à la consommation familiale, certains paysans vendaient des porcs gras. Il fallait les porter avec le tombereau tiré par des vaches, jusqu'au marché de Lannemezan, sur la "place des cochons", devenus place "du XIV juillet". Si l'acquéreur était un charcutier de Toulouse ou de Tarbes, il fallait alors porter le porc à la gare d'où il était acheminé par le train. Au pas lent des vaches, il prenait toute la journée. En hiver, la nuit était tombée depuis longtemps, lorsque le paysan rentrait chez lui.

Les races connues dans le pays étaient le porc noir dit "de Castelnau" ou le porc "commun" dit encore "armé", ainsi nommé parce que, sur un fond blanc, il avait de grandes taches noires affectant l'aspect d'une "armure".

Les "porcs de Mirande", blancs à oreilles pendantes n'étaient pas appréciés : leur chair était réputée plus fade.

Aprè 1945, les élevages de porc se développèrent. Encouragés par la Société " Sanders", quelques paysans construisirent de vastes porcheries modernes. La société fournissait les aliments, l'assistance d'un technicien et achetait les animaux. En 1996, il y a à Houeydets un naisseur-engraisseur, à Castelbajac, un naisseur, deux naisseurs-engraisseurs et quelques porcheries plus modestes.

Pendant longtemps, il fut intéressant de vendre une truie prête à mettre bas. Elle était souvent achetée par des paysans du Gers qui comptaient sur la vente des porcelets pour rentrer dans leurs fonds, puis ils engraissaient la mère pour la consommation familiale. Ces élevages "hors sol", comptent actuellement entre 50 et 10 mères.


CHIENS :

Depuis 1993 s'est installé un élevage chiens avec 35 mères de race "cocker golden, cocker américain et Retriever". Il y a aussi deux chiennes "Berger allemand" à vocation "chien de garde" mais qui, accessoirement donnent quelques portées.




           



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Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET







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