Logo de la Bigorre

L'agriculture
à Castelbajac
.



(© Madame Marthe Delas)


Sceau
00036426
copyrightdepot.com






FLORE - AGRICULTURE :

La flore de ce territoire est évidemment la conséquence du climat et du relief et à leur image, très variée. De ce fait, l'agriculture traditionnelle se caractérisait par la "polyculture".

Il pousse spontanément beaucoup d'herbe : "graminées, légumeuses etc... qui font un excellent fourrage. Il y avait donc, autrefois, beaucoup de prairies naturelles. Elles étaient fertilisées au fumier naturel ou à la "balle de trèfle", laquelle assurait un apport d'azote. - Après une première coupe, elles étaient irriguées par l'eau des Baïses, pour celles qui étaient dans les vallées, ou par le canal de la Neste, pour celles qui étaient situées sur les crêtes. Cela permettait une seconde coupe : le regain.

Les parties du territoire les plus arides sont couvertes de bruyère, fougères, ajoncs, genêts, genévriers. Les arbustes épineux sont nombreux : ronces, églantiers, houx, prunelliers, aubépines. Les lauriers surtout laurier cerise et laurier sauce prospèrent. Ils étaient surtout utilisés comme brise-vent à l'ouest des bâtiments où on les plantait en haies bien touffues.

Les forêts de chêne tauzin "Tauzis", de hêtres "Haouas" de tilleuls "Tilhaco", étaient relativement importantes. Les châtaigniers ont trouvé un terrain favorable et se sont beaucoup développés. Leur bois a été utilisé pour les charpentes, la menuiserie, les clôtures, la tonnellerie et enfin la chauffage. La croissance d'un taillis de chataigniers est particulièrement rapide ; après abattage, la souche émet des rejets qui peuvent être exploités moins de vingt ans plus tard.

En Ardèche, on a trouvé des traces de chênes, châtaigniers et vignes fossilisés, vieux de huit millions d'année. Il est donc probable que ces mêmes végétaux sont implantés chez nous depuis la même époque.

Frènes, saules, aulnes, occupaient les parties les plus humides. Il n'y avait pas de grands conifères. Seul, le genevrier était abondant.

Le paysage sylvestre a été profondément modifié à partir de 1950 : les landes ont été défrichées et cultivées ; les feuillus ont été remplacés par des conifères dans les forêts communales. La population est donc la main-d'œuvre diminuent, beaucoup de terres, autrefois cultivées, sont devenues des friches ; elles se sont boisées anarchiquement et ne sont pas exploitées rationnellement.

Nos ancêtres pratiquaient une sage gestion de leurs forêts.

"On ne pouvait abattre qu'un centième des chênes par an, et il fallait replanter quatre petits chênes par arbre abattu. Il était impératif de laisser une réserve d'un quart, à laquelle il n'était permis de faire aucune sorte de coupe sauf cas de nécessité extraordinaire".

En cas d'incendie, on donnait parfois au sinistré du bois d'œuvre pour reconstruire sa maison.

"Pour les taillis, on pouvait couper un dixième par an en laissant seize baliveaux par arpent, pour croître en haute futaie".

La plantation de jeunes chênes donnait lieu à réunions et réjouissances. Le registre des délibérations de Castelbajac relate ainsi cet événement".

" L'An V de la République française, une et indivisible et le 23 Ventôse a été procédé par tous les habitants de la commune de Castelbajac à la plantation de jeunes chênes suivant l'usage ; chaque particulier a planté neuf chênes, ce qui fait un totale de neuf-cent-vingt-sept. Et après la plantation, les habitants ont, suivant l'usage de tout temps, fait une collation que l'agent municipal a payée avec l'argent qu'il aurait employé pour payer la main-d'œuvre à quoi ont renoncé les habitants moyennant la collation qu'on leur a fournie".

Compte-tenu des habitudes de l'époque, la collation devait consister en un repas bien copieux et bien arrosé.

L'agriculture est restée longtemps traditionnelle et "biologique". Le relief tourmenté, facteur de micro-climats, au sens étroit du terme, favorisait la polyculture. Chaque petite propriété était à peu près auto-suffisante. Les céréales cultivées de temps immémorial étaient : le seigle, le froment, l'avoine, le mil ; orge et maïs sont d'implantation plus récente ainsi que pommes-de-terre et haricots, mais, fèves, pois et diverses racines : navets, carottes, betteraves sont connus depuis très longtemps.


AMENDEMENTS

:

Le sol très acide était sérieusement amélioré par :

a) - L'apport de marne fournie par trois carrières qui se trouvaient sur le territoire de Houeydets : Baysolle, Anclou et Gachiot. Les cultivateurs l'utilisaient de manière empirique, n'ayant aucune notion d'analyse des sols. Une longue expérience supplétait à cette ignorance puisque les Gaulois, déjà, connaissaient l'usage de la marne. Chaque habitant avant le libre usage des carrières. Il lui suffisait de piocher. La main-d'œuvre était autrefois abondante. Pour ceux qui ne pouvaient extraire la marne eux-mêmes, il était possible de l'acheter à des "brassiers" qui faisaient ce travail pour un prix modique. Ces carrières sont abandonnées depuis la guerre de 1914.

b) - Le fumier naturel, founi par les animaux de la ferme, pouvait être utilisé tel quel ou contribuait à la confection de :

c) - "fumier artificiel". Pour ce faire, on récupérait de la bruyère, et des fougères dans les landes, les tiges de maïs, les feuilles mortes. Dans la cour de la ferme, on alternait une couche de ces végétaux et une couche de fumier. Ce mélange se décomposait pendant l'hiver et le printemps venu, tout cela était récupéré et enfoui dans les champs destinés à produire du maïs.

d) - On pratiquait généralement l'assolement triennal. La mise en jachères, les labours de printemps suivis de plusieurs passages de herse en été éliminaient les mauvaises herbes et évitaient l'emploi de desherbants chimiques.

e) - Les engrais chimiques ne furent guère utilisés qu'à partir de la guerre de 14. Ne prenant pas le précausion de faire analyser leurs sols, les agriculteurs n'apportaient pas des amendements bien équilibrés.

f) - Les apports en azote étaient assurés par des cultures de légumineuses : trèfle violet, trèfle incarnat, fèves. On épandait parfois sur les prairies de la balle de trèfle récupérée lors du battage du trèfle. Le trèfle violet était assez répandu. Utilisé comme fourrage d'appoint, ses graines étaient aussi précieuses, qu'elles étaient revendues à bon prix soit à des particuliers, soit à des négiciants en semences.

L'agriculture ne s'est mécanisée qu'à partir de 1900 et motorisée depuis 1950. Jusque là, les méthodes culturales devaient être à peu près les mêmes depuis le Moyen-Âge.

Pour labourer le sol, une charrue mono-soc (mousso) en fer succéda à l'araire en bois. Pour ameublir, des herses au bâti en bois, aux dehts en fer - plus ou moins longues - (arrachclé - alabiadé) - un rouleau lisse composé d'un tronc d'arbres traversé en son milieu par une forte tige en fer, formaient l&pos;essentiel de l'équipement du cultivateur. Ces engins étaient évidemment à traction animale ; bœufs, vaches ou ânes (mateou de castelbajac). Célestin Sireix, de Castelbajac ( 1868 - 1935), travaillait avec des chevaux. il faut préciser qu'il était allé en Amérique, puis dans la région parisienne. Il avait donc appris à travailler différemment.

La charrue réversible dite "Brabant" n'est arrivée que vers 1925. Elle permit des labours plus profonds. Avec l'arrivée des tracteurs, de fortes charrues permirent des labours très profonds. Ce fut souvent une erreur. La couche de terre arable est mince et ces labours amenèrent de l'argile en surface. Pour obtenir des rendements à peu près corrects, il fallut amender par d'importants apports d'engrais et de chaux, d'où surcroît des produits.

Foins et céréales étaient coupés à la faux ou à la faucille.

La première faucheuse mécanique arriva à Houeydets vers 1900 chez "Bourérou".

Beaucoup plus tard, vers 1935, les premières moissonneuses -lieuses firent leur apparition chez les gros propriétaires : Manautou, Finasset, Bernatas, Picagnou. Ces engins étaient assez lourds, et pour les tirer, il fallait une paire de bœufs ou deux paires de vaches.

On apportait une bonne fumure avant de semer la maïs ou de planter les pommes-de-terre. L'année suivante, on semait blé ou avoine sans complément de fumure.

Pour semer du maïs, après avoir labouré et ameubli le sol on utilisait un engin appelé "mercadé". Il se composait d'une traverse en bois portant trois palettes également espacées et adaptée à timon. Passé dans le champs en long puis en travers, il traçait un quadrillage. Plusieurs femmes avançaient alors de front : dans la poche droite, elles avaient des grains de maïs et dans la poche gauche des grains de haricots tarbais. Elles laissaient tomber trois grains de maïs et deux grains de haricots sur chaque croisillon, non sans avoir, du bout de leur sabot écarté mottes ou cailloux qui auraient pu gêner la bonne levée des plantes. Ces femmes étaient suivies par des hommes qui, à l'aide d'une "binette" couvraient les semences d'un peu de terre bien meuble. Lorsque le semis était terminé, un bon casse-croûte (généralement saucisson, confiture, pâté, pain, vin) permettait de se restaurer tout en racontant quelques histoires.

Au cours de la végétation, on buttait le maïs à l'aide d'une "arraséro" passant entre les sillons, d'abord en long, puis en travers du champ. Le nom de cet engin vient peut-être de "l'araire". La floraison du haricot tarbais s'échelonne tout au long de sa croissance. La récolte se faisait donc en plusieurs fois et c'était l'occasion pour les voisines de se retrouver. En principe, on cueillait en deux fois, la troisième cueillette se faisant en même temps que celle du maïs.

Les blés cultivés autrefois étaient des "blés tendres" à paille longue et souple, sujets à la "verse" mais bien adaptés à la région. Le pain obtenue avec le "sarragnet ou le galer" était très savoureux. La culture des variétés de "blé dur", à paille courte au rendement supérieur mais à la farine insipide s'est répandue dans la seconde moitié du XX e siècle ; certains boulangers locaux reviennent au pain de "galer" plus apprécié par la clientèle.

Les rendements en blé sont ici très irréguliers. Au moment de la floraison (Juin), il y a souvent des brouillards qui perturbent la pollinisation. Nature du sol et altitude ne sont pas favorables à la culture des céréales et nous nous sommes très loin des rendements de l'Ile-de-France.

Lorsque la population était très nombreuse, on pouvait voir dans les champs de céréales, des groupes de femmes qui arrachaient "à la main" les mauvaises herbes : chardons, ravenelles etc.

Chaque exploitant semait autrefois une petite surface de seigle, d'une variété à paille particulièrement longue et solide. Coupé "à la main" (faux ou faucille), il était ensuite pris par petites poignées puis égrené à l'aide d'un bâton sur la planche à laver en prenant bien soin de ne pas abîmer la paille destinée à lier les gerbes des autres céréales ou à couvrir des bâtiments (chaume).

Le mil, transformé en farine était utilisé pour engraisser les porcs mais lorsque le blé manquait, on en faisait aussi du pain appelé "mesturet".

Deux variétés d'avoine étaient cultivées. L'une, semée en automne (grain gris clair, paille longue), l'autre semée au printemps (grain noir et paille courte). Cette dernière variété était plus riche en farine. L'avoine servait à la nourriture des animaux et surtout des chevaux. Certaines personnes en faisaient un pain qui, accompagné de miel ou de confiture était réservé au petit déjeuner.

L'orge de printemps était peu cultivée et celle d'automne (escourgeon) n'a fait son apparition ici que dans la seconde moitié du XX e siècle.

On semait parfois un mélange blé-seigle (carrou) ou blé-avoine méteil (1/3 avoine et 2/3 blé). Dans ce dernier cas, les hormones élaborées par la germination de l'avoine favorisaient la végétation du blé et le rendement était bien meilleur.

Le lin : cultivé très soigneusement sur de très faibles surfaces, il assurait le trousseau des jeunes mariées et les besoins en linge de corps et linge de maison de chaque famille. Au début du XX e siècle, il ne fut plus filé et tissé sur place. Les usines de Nay (Pyrénées Atlantiques) pratiquaient l'échange paille de lin contre tissu, soit en se rendant à l'usine en voiture, soit par l'intermédiaire de démarcheurs qui parcouraient la campagne.




           



[Plan du site passion-bigorrehp.org]



[Sommaire de Châtillon-en-Bigorre] [Commune de Castelbajac.]
[Généralités sur les Communes]
[Sommaire]



Chacun peut apporter son aide concernant les monographies de nos jours des communes de la Bigorre.

Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
.

© Marie-Pierre MANET





Bookmark and Share