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Le jardin-potager
à Castelbajac
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(© Madame Marthe Delas)


Sceau
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Le jardin potager :

Il a toujours eu une très grande importance : "La valeur d'une ménagère est révélée par l'aspect de son jardin" disaient les anciens.

Par son agencement il pouvait témoigner du caractère ordonné ou, au contraire brouillon de sa propriétaire. Par ailleurs, la multiciplicité des cultures pouvait faire augurer du menu quotidien, les produits du jardin se retrouvant à chaque repas sur la table familiale.

Le potager était le domaine quasi exclusif de la femme. C'était elle qui généralement maniait tous les outils même la bêche. Dans quelques familles très nombreuses et dont le jardin avait une surface relativement importante, il arrivait que le labour soit effectué par un homme avec la charrue tirée par des vaches, mais c'était assez rare.

Les allées soigneusement desherbées étaient bordées de quelques fleurs, de plantes aromatiques, (thym, persil, marjolaine, céleri, ciboule et ciboulette, romarin), de plantes médicinales (menthe, camomille), de fraisiers.

Les plates bandes voyaient la rotation de divers légumes. C'était la culture intensive, le sol étant occupé en toute saison.

La récolte des fèves et pois semés en automne débutait en Mai, en même temps que celle des pommes-de-terre "primeurs" semées en Février.

On consommait beaucoup : d'oignons et il s'en cultivait diverses variétés. Les choux cabus ou de Milan ne firent leur apparition qu'à la fin du XIX e siècle. Jusque là étaient seuls connus des choux dits "communs" d'été ou d'hiver - que l'on dirait maintenant "fourragers".

Carottes, poireau, laitues ou scaroles variées, haricots verts avaient aussi leur place.

Les tomates ne se répandirent qu'au début du XX e siècle. Avant l'introduction du haricot en France, les fèves étaient très abondantes et elles contribuèrent d'ailleurs à être appréciées. Source non négligeable de protéines végétales, on les avait longtemps cultivées dans les champs en procédant comme pour le maïs : on quadrillait le terrain et on semait deux ou trois graines sur chaque croisillon. Les jeunes plants étaient ensuite sarclés et butés avec l'araser.

Chaque Mercredi, le marché de Lannemezan permettait aux femmes de vendre volailles, légumes ou fruits de leur jardin. Les employés ou les fonctionnaires travaillant à Lannemezan, les cadres de l'usine, les hôteliers composaient une petite clientèle régulière. Pendant la "saison", hôteliers de Bagnères et de Capvern se ravitaillaient également sur le marché. De Tarbes ou Toulouse venaient des grossistes qui achetaient des quantités plus importantes. Fraises et cerises, pommes, poires ou pêches se vendaient très bien car les deux marchands de "primeurs" de Lannemezan n'avaient que deux minuscules boutiques peu approvisionnées.

Aujourd'hui, il n'y a pratiquement plus de petits producteurs de légumes. A Houeydets, seul, Lahaille-Arnauchec s'est spécialisé dans la culture maraîchère et fait les marchés de la région (Tarbes, Lannemezan, Saint-Lary etc...).

Depuis les années 50, la production de cèpes a chuté et elle ne satisfait plus que les besoins familiaux. Autrefois, en pleine saison, des acheteurs passaient dans les campagnes plusieurs fois par semaine avec un camion, et collectaient les champignons qu'ils acheminaient vers les conserveries.

En automne, une grande halle, située Place de la République à Lannemezan, voyait affluer de grands sacs de "haricots tarbais", noix, châtaignes. La vente de ces produits apportait à nos paysans des sommes conséquentes. La vente de semences de trèfle violet ou de trèfle incarnat, était aussi d'un bon profit.


Les arbres fruitiers :

Relativement nombreux et variés, ils n'étaient regroupés en un espace réservé au rôle de "verger". Ils étaient disséminés le long des talus ou dans des coins impropres à toute autre utilisation. Seuls les pommiers étaient parfois rassemblés dans une "poumérère".

Les pommiers étaient très nombreux. Les variétés locales très anciennes ont presque disparu. Ils donnaient des pommes de table : quelques reinettes, calvilles, plate-rose, gaillarde, museau de lièvre. Certaines de trè bonne conservation étaient consommées tout l'hiver, jusqu'à la floraison des pommiers, au printemps suivant. Pour les conserver, on les enfouissait dans un tas de blé ou de regain. Les fruits qui n'étaient pas destinés à la provision hivernale rejoignaient las variétés spécifiques de la fabrication de cidre : ladette, bichcouette.

En automne, il se faisait quelques hectolitres de cidre dans chaque maison. C'était plutôt la boisson des femmes.

Pour les poiriers, beaucoup moins nombreux que les pommiers, on trouvait "la poire de la Saint-Jean", variété précoce comme son nom l'indique. Plus tard, en saison et pour la provision d'hiver, on trouvait : la "Belle Héloïse" - la "Caillaoua Roudat" - Quelques autres variétés très rustiques ont résisté jusqu'à ce jour. Ces fruits étaient utilisés pour faire des confitures et parfois des "poiré".

Les cerisiers, grands arbres de plein vent faisaient le bonheur des enfants et des oiseaux. Deux ou trois variétés échelonnaient leur maturité de Mai à Juillet. Avec les cerises on faisait parfois (très rarement), une boisson fermentée.

Les pruniers étaient relativement nombreux. Les diverses variétés donnaient une eau-de-vie appréciée.

Figuiers et pêchers étaient bien représentés par de nombreuses variétés.

Il ne faut pas oublier le cognassier qui donnait d'excellentes confitures.


Les fruits sauvages :

Ils étaient abondants dans les sous-bois ou sur les talus : selon les saisons : mûres, ou prunelles - Ces deux dernières n'étaient comestibles qu'après avoir supporté quelques gelées.


Les châtaigniers :

Nous avons vu plus haut les multiples usages auxquels pouvait être consacré le bois de châtaignier : charpente, menuiserie, clôtures, tonnellerie, tanin, éventuellement bois de chauffage. Mais le châtaignier a une très grande importance en tant qu'arbre fruitier. Le sol soigneusement labouré, fumé et sarclé était planté en scions greffés qui devenaient de magnifiques arres très productifs et à la longévité impressionnante. Les fruits étaient soigneusement récoltés. Les bogues intactes étaient entreposées à l'abri de l'humisité, sous une épaisse couche de feuilles sèches. Les grains épars étaient utilisés en premier lieu. Porcs, moutons, dindons étaient engraissés avec des châtaignes. Elles constituaient pour les humains une part importante de la nourriture pendant l'hiver.




           



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Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET







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