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Le vignoble
à Castelbajac
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(© Madame Marthe Delas)


Sceau
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LA VIGNE :

Elle mérite une mention toute spéciale. Arrivée dans le Midi de la France, avec les Grecs, environ cinq siècles avant notre ère, elle s'y implanta et donna un vin de qualité, se bonifiant en vieillissant dans les fûts en chêne ou en châtaignier, bien préférables aux amphores.

Les Romains répandirent la culture de la vigne dans diverses provinces de la Gaule. Lugdunum Convenarum n'étant pas très éloignée de Châtillon-en-Bigorre, il n'est pas interdit de penser que l'implantation de la vigne en ce lieu puisse coïncider avec la conquête romaine.

A priori, le Plateau de Lannemezan, avec son altitude, peut sembler impropre à la viticulture, mais c'est sans compter avec ce relief tourmenté qui crée combes ou côteaux aux micro-climats permettent la parfaite mâturation des figues et des raisins.

Jusqu'à l'offensive de Phylloxéra, vers 1850, les surfaces plantées étaient importantes. En 1830, on trouve 64 ha, 61 ares, 18 ca de vignes pour 487 hectares de terres labourables. Les plants cultivés de temps immémorial s'étaient bien acclimatisés au pays :

- En blancs : manseng, piquepoult, plant-de-dames.
- Rn rouges : caillaoua, tannat, folle-noire, grosse-mérille etc...

Cela donnait un petit vin fruité, au bouquet très agréable. La majorité des vignes furent détruites par le Phylloxéra et remplacées par des hybrides américains, certes réfractaires au Phylloxéra mais de qualité bien médiocre.

Ce furent d'abord, en blanc le Noha, en rouge le terras et le pouzin. Ces plants très productifs donnaient des vins alcoolisées, riches en tanin. Leur rusticité permit de les planter en des lieux moins abrités, moins accidentés, donc plus faciles à cultiver.

Un peu plus tard arrivèrent les hybrides plus complexes armemont, seybels, bacots blancs et rouges qui produisirent un vin un peu plus délicat mais qui ne valait pas le bon vieux "plant-de-dames".

Il semble, au dire des anciens, que l'arrivée des hybrides a coïncidé avec un développement des cirrhoses. Beaucoup mourraient parce qu'ils avaient "le foie détrempé" (sic) L'abus du Noha dut provoquer des "délirium-tremens", car certains l'appelaient "le vin des fous".

Les Romains avaient enseigné la culture de la vigne "en hautin". Chaque pied de vigne était planté auprès d'un tuteur qui pouvait être un arbre fruitier : pommier ou cerisier ; ou un orme. Cette méthode était réputée préserver la vigne du mildiou ou de l'oïdium.

Vers 1950, on pouvait voir encore en Barousse quelques arpents cultivés sur hautins. A Castelbajac, les châtaigniers étant très abondants, ils donnaient d'excellents échalas pour tuteurer les vignes.

Les raisins de table : chasselas, muscats blancs ou roses, malagas, "raisin de Palestine" dont les grappes atteignaient un mètre de longueur, étaient cultivés en espaliers, contre des murs bien ensoleillés (muscatèros). Les grappes de raisin cueillies à complète maturité étaient accrochées au plafond et consommées pendant l'hiver. Elles se conservaient jusqu'en février ; c'étaient alors de véritables fruits confits.

Après la seconde guerre mondiale, les méthodes de culture et d'élevage changèrent complètement. Les pâturages communaux n'eurent plus la même importance. Un vaste projet de mise en cultures de toutes ces landes fut mis sur pied au niveau départemental. De grandes étendues furent défrichées sur le Plateau, sur les communes de Lannemezan, Capvern, Avezac etc... Les agriculteurs qui le souhaitaient pouvaient prendre d'importantes parcelles en fermage. Entre 1960 et 70, Houeydets et Castelbajac profitèrent des subventions qui leur étaient offertes pour défricher les parties les moins accidentées de leurs terrains communaux, et les donner en fermage à des agriculteurs qui voulaient agrandir leurs exploitations. Peu à peu, seigle, maïs, prairies remplacèrent fougères et bruyères.

Pour l'observateur non averti, ce village, aux petites maisons, aux petits champs, aux petits troupeaux pouvaient paraître très pauvres. On n'y connaissait pourtant que peu de misère et il n'y est pas trouvé trace de famine.

La polyculture permettait des récoltes variées, échelonnées tout le long de l'année. Si les intempéries détruisaient le maïs, il y avait la possibilité d'une bonne récolte de millet. Si les pommes-de-terre étaient peu abondantes, on pouvait se rattraper sur les châtaignes etc...

Chacun étant propriétaire de son lopin, si petit soit-il, il n'était pas tenu de partager sa récolte avec un "maître" comme c'était le cas pour les "riches" régions de "grandes propriétés" et de mono-culture.

Ce statut de propriétaire a généré une mentalité assez curieuse. Dans ces villages pauvres, les gens ont souvent des mentalités de "capitalistes" avec des situations de "prolétaires". Le remembrement s'opère par des échanges "à l'amiable". Aurefois, chaque paysan cherchait à avoir des champs dispersés sur toute l'étendue de la commune. Les orages de grêle, particulièrement redoutés, ne frappent en général qu'une partie de la commune. Une partie des récoltes pouvait donc être sauvée.




           



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Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET







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