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L'église de Houeydets .



(© Madame Marthe Delas)


Sceau
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ÉGLISE DE HOUEYDETS :

L'église actuelle de Houeydets est sans grande originalité. Elle date de la fin du XIX e siècle. Comme la majorité des édifices religieux de cette période, il n'a pas été tenu compte de l'orientation. D'autre part, l'acoustique y est très mauvaise. Les autels en marbre blanc étaient pratiquement faits en série par la marbrerie "Sainte-Germaine et du Bon Pasteur, 26 allées Lafayette à Toulouse. Le Maître-Autel a coûté mille francs. Les autels latéraux ont valu 300 francs chacun. L'autel de la Sainte-Vierge est un don de la famille RAMONET.

Alors que Houeydets n'était qu'un quartier de Castelbajac, une chapelle fut construite en 1794. Nous n'en connaissons pas grand'chose. Elle s'élevait sur l'emplacement du sanctuaire de l'église actuelle. Elle ne devait pas être très grande car elle n'était éclairée que par trois fenêtres et sa porte ouvrait au Sud, sur le cimetière. Elle était desservie par le vicaire de Castelbajac. L'entretien en incombait aux fidèles. Vers 1870, les comptes de la "Fabrique" font état de nombreuses réparations. En raison de sa vétusté, d'une part, et de l'accroissement de la population, d'autre part, la commune de Houeydets, qui venait d'accéder à l'autonomie, décida de construire un édifice plus vaste.

Les travaux débutèrent en 1894 et pendant leur durée, les offices furent célébrés sous le hangar de la maison "HILHOUGROS".

Toute la paroisse apporta sa participation, soit par le contribution au budget communal, soit par des souscriptions volontaires, en argent, matériaux transports. Le montant total de la construction s'éleva à 14.134 francs.

L'aménagement intérieur fut assuré par des souscriptions volontaires. Le nom de certains donateurs est bien visible, d'autres sont plus discrets et quelques uns sont restés anonymes. Le bâtiment est éclairé par huit grands vitraux, fournis par la maison Saint-Blancat de Toulouse (rue Dechelier).

Ces vitraux ont été offert par : l'abbé TAJAN, curé de la paroisse. Las abbés GAROBY et DUPIN, anciens curés, les familles TAPIE, NOGUES - BURROU - VIRELAUDE - HILHOUGROS - REULET et GAYE-BERNATAS. Cyprien GAYE-SAND a offert, lui aussi un vitrail. C'était un célibataire réputé jouir d'une certaine aisance, car il avait travaillé à la construction de la voie ferrée Tarbes-Lannemezan.

Certaines statues : Sacré-Cœur, Saint-Joseph, ont été acquises grâce à des quêtes auprès de l'ensemble des paroissiens ; d'autres ont été offertes par des particuliers :

Notre-Dame de Lourdes : les sœurs clarisses de Lourdes.

Saint-Antoine de Padoue : Famille Dazet.

Saint-Michel : Henri DAZET à son retour de la guerre 14-18.

Sainte-Vierge : Justine TAPIE.

Saint-Joseph : Abbé LAY.

Sainte-Thérèse : Maria VIRE.

Saint curé d'Ars : Pauline CROUAU-LATOUR.

Le confessionnal a coûté 136 francs aux femmes de Houeydets. Il a été fabriqué par Monsieur Pierre BARRAT, menuisier à Galez.

Jusqu'en 1914, le budget paroissial était géré par quelques hommes du village, élus ; et présidé par le curé de la paroisse. On appelait cet organisme "Le Conseil de Fabrique" ou plus simplement : la "Fabrique". Les chaises étaient la propriété de l'église et chaque usager en payait la location. Cela donnait entre 75 et 80 francs par an vers 1900, à raison de 75 centimes par chaise et par an. Les quêtes complétaient des recettes destinées à couvrir les dépenses ordinaires de l'église : pain et vin de messe, luminaire, entretien du linge etc... Pour les dépenses extraordinaires, on faisait appel à la générosité des fidèles (achat d'un drap mortuaire, pour 70 francs).

Une croix en bois était plantée tout près de la porte de l'église contre le mur du cimetière. Chaque dimanche, avant la grand'messe, on y faisait une procession et on priait tout spécialement pour "la conservation des fruits de la terre". Cette croix ayant subi les outrages du temps, Monsieur l'abbé DOREMUS, curé de la paroisse envisagea de la remplacer, il fit observer à ses ouailles que la commune de Houeydets, avec ses vingt-deux victimes de la guerrre 14-18, n'avait pas de monument aux morts. Il proposa donc de faire "d'une pierre, deux coups", si l'on peut dire, en inscrivant les noms de ces victimes sur le socle de la croix. Cette proposition reçut un assentiment unanime. Un beau monument en marbre fut donc érigé près de la porte de l'église. Une quête faite à la messe - (les familles des victimes se montrèrent particulièrement généreuses) - couvrit les frais. La bénédiction de la croix et inauguration du monument, eurent lieu en 1937, à l'occasion de la clôture d'une mission, prêchée par le Père LAHONTES, des prêtres du Sacré-Cœur de Bétharram. Les autorités civiles et religieuses étaient présentes. Au premier rang, Monsieur DESBONS, député, présidait la cérémonie.

La circulation sur la route départementale Nº 17 étant devenue très dense, le déroulement des cérémonies du 11 Novembre, du 8 Mai ou du 14 Juillet devenaient difficiles. La municipalité décida donc de déplacer ce monument de quelques dizaines de mètres. C'est par une cérémonie fort émouvante, que, le 8 Mai 1999, il fut confirmé sur son nouvel emplacement.

L'éclairage électrique fut installé dans l'église en 1934-35, grâce au travail bénévole de Firmin et Édouard MAZOUE. Le 13 Avril 1993, de gros dégâts furent provoqués par la foudre et le circuit électrique fut entièrement détruit. Le clocher subi aussi de gros dégâts. L'éclairage, l'horloge, la sonnerie des cloches furent refaits et modernisés. Grâce à un "éclairage indirect" le Maîtel-Autel se trouve nimbé d'une clarté du plus heureux effet. Toiture et bardage en ardoises, crépi extérieur, exécutés selon les directives des "Bâtiments de France", en sable de rivière, donnent à l'édifice un aspect soigné.

Peu à peu les chaises de la "fabrique" disparurent. Il y eut des bancs au fond de l'église, pour les hommes. Les premiers n'étaient pas d'une facture très soignée. Peu à peu, ils furent remplacés par d'autres, plus jolis et plus confortables. Il devint d'usage pour chaque jeune mariée d'apporter à l'église, une chaise-prie-Dieu, au siège amovible.

Lors de l'inauguration de la nouvelle église, des places y furent assignées à chaque famille. Au premier rang, des bancs furent réservés aux enfants et aux jeunes filles du chœur de chant. Les épouses des édiles municipaux et des plus généreux donateurs avaient leurs chaises au premier rang, se plaçaient par quartiers en fonction de leur éloignement de l'église. On trouvait donc d'abord les dames POURTAIL, RAMONET, NOGUES-BURROU REULET, etc... et au fond les habitants du Courtala ou de l'Arriou-deth-Thou. Les hommes restaient au fond de l'église. Quelques uns se groupaient autour du lutrin, chargé de deux magnifiques antiphonaires, pour assurer les chants pendant les cérémonies.

En 1889, le cimetière existant s'avérant trop exigu, il fut acquis par l'abbé DUPIN, un lopin de terre de 1 are 55 centiares pour 50 frnacs auprès de Blaise VIRELAUDE-HILHOUGROS et un autre de 1 are 58 centiares, pour aussi 50 francs, auprès de Jean NOGUÉS-BURROU. En outre, les deux vendeurs restent propriétaires de 6 mètres carrés de terrain, non compris dans la vente et réservés à la sépulture de leurs familles respectives. Un nouvel agrandissement eut lieu vers 1965-66.

Avant son autonomie, Houeydets, quartier de Castelbajac, avait sa Fête patronale à la Saint-jean-Baptiste, puisque c'était là, le vocable de l'église paroissiale. La nouvelle église de Houeydets étant placée sous le vocable de Notre-Dame de la Nativité, il fut décidé que la nouvelle commune aurait sa fête patronale le 8 Septembre. Il y eut donc une délibération du conseil municipal, lequel en référa au Préfer puis une délibération du Conseil paroissial lequel en référa à l'Évêque. Toutes formalités remplies, la première fête eut lieu en Septembre 1895. Cérémonies religieuses, festivités profanes, marquèrent cette importante journée. Un podium étant dressé devant l'église, il y eut un spectacle offert par les enfants et les jeunes du village sous la direction de l'abbé TAJAN, de l'instituteur et de l'institutrice.

Ce dernier détail peut paraître surprenant aujourd'hui. La loi de "Séparation" était encore loin, et, le Dimanche, l'instituteur chantait au lutrin pendant que l'institutrice veillait à la bonne tenue des enfants pendant les offices.

CASTELBAJAC était une paroisse importante, rattachée au diocèse de Tarbes et dépendant de l'archiprêtré de CAMPISTROUS. Son presbytère abritait un curé et un vicaire, lequel assurait le service de deux annexes : Burg et Houeydets. Les messes quotidiennes, les fréquentes cérémonies, les visites aux malades, aux personnes âgées, les cours de catéchisme (quotidiens) jusqu'à 45 décés par an, occupaient deux prêtres à plein temps.

La population catholique à 100 %, était très fervente. La catéchisme était suivi avec plus d'assiduité que l'école. La première communion se faisait à 14 ou 15 ans. Les enfants connaissaient donc assez bien l'essentiel du dogme. Après la première communion les adolescents étaient regroupés dans des Associations telles que les "Enfants de Marie" pour les filles et les "Chevaliers de Marie" pour les garçons. Pour les adultes, il y avait la "Confrérie du "Saint-Sacrement" pour les hommes et celle du "Saint-François" pour les femmes. Les Associations favorisaient une évolution de l'éducation religieuses en fonction de l'âge de chaque groupe et beaucoup de ce gens parvenaient à un remarquable niveau de spiritualité.

Le célèbre tableau : "l'Angélus de Millet", représente une scène très courante dans nos campagnes jusqu'à la seconde guerre mondiale. Les femmes avaient toutes, un chapelet dans leur poche. Les bergères le récitaient souvent en gardant leurs moutons. Parfois, elles le perdaient. Celui qui le trouvait l'accrochait à la poignée de la porte de l'église, où la perdante pouvaient le récupérer. Nous avons connu des hommes qui, au cours d'une pause, dans la journée, assis sur un talus ou sur le timon de la charrue, ôtaient leur béret et rendaient hommage au Créateur sans aucune fausse honte.

Les statues des confréries seraient trop longues à transcrire ici. Nous en citerons seulement quelques articles :

Les confrères exerceront entr'eux tous les devoirs de la charité chrétienne... Ils visiteront les malades, leur apporteront tous les secours spirituels et temporels qui leur seront nécessaires. Tous les confrères assisteront aux funérailles... Ils éviteront entre eux, les discussions et les procès. Ils recourront pour les terminer à l'arbitrage de quelque confrère qu'ils auront choisi. Dans aucun cas, ils ne plaideront qu'après avoir épuisé tous les moyens de conciliation et pris l'avis su Conseil de la confrérie.

Les statues des confréries féminines étaient trè semblables à ceux des hommes.

Chaque fête religieuse était accompagnée de rites traditionnels.




           



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Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET







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