Le budget paroissial à Castelbajac .


(© Madame Marthe Delas)



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BUDGET PAROISSIAL :
Sous l'Ancien Régime, les prêtres étaient rétribués par leurs paroissiens, partie en numéraire, partie en nature. Dans les "cahiers de doléances", il est demandé par les habitants de Castelbajac : "qu'une pension soit accordée au clergé". Avec Napoléon 1 er et le Concordat, les prêtres reçurent un salaire de l'État), le clergé fut de nouveau payé par les paroissiens. On revient donc à l'ancien système qui perdura jusqu'aux environs de 1965.

La population était catholique et pratiquante à 100 %, le salaire global en numéraire fut réparti entre les habitants, proportionnellent à leurs impôts fonciers. Le secrétaire de mairie-valet commun se chargeait de la collecte du "denier du culte". En 1935, l'ensemble Houeydets-Castelbajac assurait 10.000 francs par an à leur curé commun. Ce salaire était complété par une collecte de blé (un décalitre par maison) et de maïs (un double-dal par maison). Beaucoup de paroissiens étaient très généreux et donnaient au-delà de ce qui leur était demandé. Avec ces céréales, le curé pouvait faire l'échange blé-pain avec le boulanger local et nourrir volailles et porc pour sa consommation et celle de sa gouvernante. En outre, depuis 1905, la commune peut, sur son budget, donner au prêtre desservant mais non résident, une légère indemnité en tant que "gardien d'un édifice public et du cimetière". En 1994, cette indemnité s'élevait à 710 francs par an... Les messes quotidiennes étaient dites aux intentions de particuliers qui en payaient les honoraires...

Nous avons vu plus haut que la chapelle sud de l'église paroissiale était sous le vocable de Notre-Dame de OITIE. Elle avait été érigée en chapellenie et pouvait donc recevoir des dons dont le revenu était destiné à assurer des messes pour le repos de l'âme des donateurs. Les dons en "espèces" étaient prêtés à des particuliers ou placés au taux de 5 % l'an. Une partie de ces legs consistaient en terrains que les marguilliers administraient, les confiant à des exploitants, en fermage, les baux étant passés en bonne et due forme, devant notaire. En 1789, les revenus de la chapellenie s'élevaient à 50 livres par an pour 24 messes annuelles. En 1793, les terrains de la chapellenie et le presbytère furent saisis et vendus comme "biens nationaux".

La tourmente révolutionnaire perturba profondément et durablement la gestion de la chapellenie et, le calme revenu il eut fallu remettre de l'ordre dans les comptes. Conformément au décret du 30 décembre 1809, furent créés les "conseils de fabrique", appelés plus communément "la Fabrique", chargée de gérer le budget de la paroisse. Le "Conseil de Fabrique" était composé de six membres : un président, un secrétaire, un trésorier et trois marguilliers, renouvelables tous les trois ans. Le curé de la paroisse présidait d'office les réunions du Conseil de Fabrique.

Les recettes les plus importantes et les plus régulières étaient constituées par la location des chaises. En 1885, le tarif était fixé à 0 f 05 par chaise et par office. Il était possible de souscrire des abonnements qui tournaient autour de 0 f 60 à 0 f 75 par chaise. Il y avait un tarif dégressif pour les familles qui occupaient plus de quatre chaises. La ferme des chaises était mise aux enchères publiques. Cela donnait, tant à Castelbajac qu'à Houeydets, entre 75 et 100 francs sur laquelle somme, 10 % devaient être versés à l'Évêché. Les revenus de la chapellenie avaient fondu. La fabrique essaya de récupérer quelque argent auprès des familles de ceux qui avaient souscrit des fondations. Les réponses furent très inégales. Ces recettes couvraient tant bien que mal les dépenses ordinaires de l'église : pain et vin de messes, luminaire, produits d'entretien. Pour les dépenses extraordinaires : remplacement d'ornements usés ou d'objets destinés au culte, il était fait appel à la générosité publique qui répondait toujours positivement.

En 1793, le presbytère de Castelbajac, vendu comme bien national fut racheté par IBOS-ESTUGAT. Le curé continua à l'habiter mais la commune payait au propriétaire, un loyer de 80 francs par an.

Ce bâtiment se composait d'un local à usage d'habitation pour le prêtre (curé de Castelbajac et Burg), son vicaire et sa gouvernante - des dépendances qui abritaient un porc, des volailles, un cheval, le foin et la paille destinés aux besoins de ce dernier. Un jardin potager et une prairie à l'usage du cheval jouxtant les bâtiments.

Ce local se dégradait de plus en plus. Les curés successifs réclamaient des réparations, toujours promises, jamais réalisées. L'Évêque de Tarbes menaça alors les habitants de Castelbajac de les priver de curé s'ils ne lui assuraient pas un logement décent. La commune racheta dopnc l'immeuble à Ibos-Estugat en 1843 pour une somme de 2.300 francs. Une partie du bâtiment s'était efffondrée. L'abbé Contre quitta la presbytère de Castelbajac pour s'installer à Houeydets dans une maison louée. D'importants travaux furent alors effectués. Dans ses mémoire, l'abbé Duffourc (originaire de Bourrepeaux) fait de nouveau état du délabrement de l'édifice en 1900. Il énumère les travaux qu'il a fait effectuer de ses deniers et sans participation aucune de la commune : en 1894, il fit creuser un puits, il fit ouvrir deux fenêtres au levant, renouveler le plancher, aménager une chambre à coucher au dessus du salon, consolider deus poutres par des barres de fer. Un vieux four a été démoli et remplacé par un neuf, amélioration de la grange, du jardin et de la prairie.

Le dernier curé résidant dans ce presbytère fut l'abbé Dorémus. Il le quitta en 1945. Des locataires y furent hébergés pendant quelques années. Et puis - toujours le même refrain - il était dans un tel état de vétusté, le devis estimatif des travaux de réhabilitation dépassait tellement les possibilités du budget communal qu'il fut rasé vers 1992, car, jouxtant la route, il devenait un danger pour les passants.

Dans le passé, si le budget de la paroisse de Castelbajac semble avoir été géré correctement par "la Fabrique", la gestion du budget le la commune paraît avoir été fantaisiste et ce, pendant très longtemps. Faut-il imputer l'incompétence, la négligence ou des raisons plus obscures ?

En 1789, l'abbé Clarens avait laissé à la commune de Castelbajac une somme de 4.000 francs en faveur des pauvres de Castelbajac et Burg. - Après de multiples tergiversations, ces subsides ne furent distribués qu'en 1855, soit 66 ans plus tard.

De même, par testament de 1842, l'instituteur Bernard Gayrimond (Pinasset) légua à la commune de Castelbajac une somme de 400 francs "pour l'avantage de l'instruction dans son commune". Cet argent ne fut utilisé qu'en 1858, soit 16 ans plus tard et fut affectée à la construction de la maison d'école.

Par contre, la commune de Houeydets, à partir de sa naissance en 1864 et jusqu'à ce jour, a toujours connu des administrateurs compétents et intègres. Les budgets tant paroissiaux que communaux ont toujours été parfaitement limpides.




           



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Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET






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