La monographie locale

de Vidouze.
De R.ANCELY

(© ADHP - A 303)


(Monographie offerte par M. Alain Eymard)




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L'église d'Arriagosse :

Nous ne connaissons pas la date exacte de la construction de l'église du hameau d'Arriagosse. Mais il n'est pas douteux qu'elle remonte au moins au début du XVIII e siècle. Le premier renseignement qui figure à ce point de vue, sur les registres de l'église date de 1706. Ceux-ci mentionnent à cette date l'achat d'un tabernacle à l'église de Lucarré et à la fin de la construction du clocher par un sieur Soulé. Depuis cette époque on ne peut que rendre hommage à la ténacité et à la persévérance de la population de ce petit hameau qui a poursuivi pendant près d'un siècle la perfectionnement et l'embellissement de cet édifice. Aussi constitue-t-elle pour la commune le joyau le plus ancien et le mieux conservé de ses anciens monuments. De noubreux ouvriers y ont travaillé, menuisiers, ébénistes, sculpteurs et doreurs et parmi ces derniers un sieur Giraudy de Lescar et deux membres de la famille Caron de Lescar. Ces rois artistes ont eu une grosse notoriété au XVIII e siècle et les Caron faisaient partie notamment d'une famille célèbre, originaire d'Abbeville et qui était établie à Lescar depuis la fin du XVII e siècle.
(Voir l'Étude d'André Gorse sur cette famille. Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau, II e série, tome 17). Nous ne pouvons entrer dans le détail de tous les aménagements apportés à cette église.

En voici les principaux :

1719 : Paiement à Lasserre orfèvre à tarbes de 45 livres pour augmenter le pied du calice et la patène.

1724 : Nombreuses réparations au mur, au toit et à la charpente 240 livres.

1732 - 1734 : Paiement de 94 livres à Caron doreur pour le tabernacle et le cadre d'un crucifix. La même somme est payée à Giraudy sculpteur qui a confectionné le dit tabernacle.

1737 - 1738 : Caron reçoit une somme de 40 livres pour dorure du devant d'autel et du panneau à côté du tabernacle. Il en reçoit encore 65 pour dorure du tabernacle : marbrer le devant d'autel et vernis.

1738 : Achat d'un pluvial et d'un dais pour porter le Saint-Sacrement.

1739 : Construction de la tribune et de sa balustrade par Lalanne menuisier à Abos qui reçoit 56 livres.

1740 : Achèvement de la chaire ; coût 7 pistoles 8 livres.

1760 : 60 livres à Giraudy sculpteur pour le devant d'autel, 253 livres à Lalanne d'Abos pour lambris.

1763 : Construction d'un retable par Colinet, menuisier à Lembeye et Giraudy sculpteur à Lescar. Le travail complet revient à 480 livres.

1783 - 1784 : La communauté délibère au sujet de la cloche qui est trop faible et ne peut être entendue que de la maison voisine. On traite avec Ebrard fondeur à Morlàas ; elle est terminée en 1787 ; mais on craint que son poids ne soit trop lourd pour le clocher qui est renforcé. Cette cloche a dû être refondue en 1808 par Seyserre fondeur à Soues et elle pèse 520 kilos.

La très grande distance qui sépare le hameau d'Arriagosse du centre de la commune de Vidouze avait obligé les habitants de ce hameau à y construire une église particulière. Pour la même raison, le service du culte ne pouvait être assuré par le curé de Vidouze, surtout à une époque où ce village comptait presque un millier d'habitants. C'était donc le curé de Luc Armau, paroisse béarnaise beaucoup plus rapprochée, qui avait été chargé des intérêts religieux d'Arriagosse. Les registres de cette église portent à la date du 7 Avril 1706 que la confrérie de l'Adoration perpétuelle a été établie dans cette paroisse "annexe de l'église de Lucq" sous l'autorité de l'Évêque de Tarbes. Et en fait pendant tout le XVIII e siècle ce sont bien les desservants de Luc-Armau qui ont assuré le service religieux.

Cette situation hybride de la paroisse d'Arriagosse a d'ailleurs amené en 1740 - 1741 un conflit entre la commune de Vidouze et celle de Luc-Armau. Le 14 Août 1740, la communauté d'Arriagosse se réunit devant l'église, sur la voie publique, en présence de Me Carde, notaire, qui en dresse procès-verbal. Le premier consul de Vidouze est présent et expose que le syndic de la communauté de Luc en Béarn les a assignés devant l'Intendant pour obliger les habitants d'Arriagosse à participer à la construction de la maison presbytérale de cette communauté. Un syndic, Antoine Brun-Faure est nommé pour défendre les intérêts d'Arriagosse, exposer à l'Intendant que ce hameau dépend de Vidouze où les consuls de la dite communauté exercent la police ; que si, à la vérité, le curé de Luc y administre les sacrements, il ne le fait qu'avec la tolérance de celui de Vidouze et que, au surplus, ils ont déjà contribué à la construction du presbytère du dit lieu. Le 3 Janvier 1741, la communauté principale de Vidouze est mise en cause par l'Intendant. Elle délibère à son tour et appuie les arguments développés par les habitants d'Arriagosse en revendiquant sa juridiction pleine et entière au temporel comme au spirituel que ce hameau. Les archives de L'Intendance ne révèlent pas de quelle manière l'Intendant statue sur ce petit différend. Les curés du Luc qui ont pourvu au service d'Arriagosse ne 1706 à la Révolution française s'appellent : Insignac, Lépine et Dussire

Nous avons également trouvé trace en 1653 de l'Abbé Bertrand Mirapoix.

Après 1789, le hameau resta incorporé administrativement à Vidouze et le service religieux fut assuré par le curé de Vidouze. Il est encore en vigueur à l'heure actuelle et en dehors des enterrements et des fêtes, la messe est dite à l'église d'Arriagosse une fois par mois. Son histoire depuis cette époque n'indique aucun fait saillant digne d'être mentionné. Cependant nous devons signaler d'après les archives de l'Évêché qu'elle a fait l'objet de deux procès-verbaux de visite de l'archiprêtre du canton ; en 1805, la paroisse comporte 11 maisons et 90 habitants ; en 1811 il n'y en a plus que 60 pour le même nombre d'immeubles. A deux reprises en 1831 et 1857, l'église est frappée d'interdit, mais les archives de l'Évêché n'en donent pas la raison. Par contre, lles mentionnent des suppliques des habitants qui demandent à l'Évêque la reprise du service. La commune ne s'est pas désintéressée de son hameau et une délibération municipale du 17 Mai 1863 décide d'aliéner quelques lopins de terre à la Chevalette et à la Hourcade pour améliorer le service divin de l'église d'Arriagosse. En 1929, le clocher fut détérioré par la grêle et il fut réparé avec une indemnité payée par une Compagnie d'assurances.

La série V des Archives des Hautes-Pyrénées mentionne à la date du 29 Août 1838 un testament de Jacques Bouscat-Peyroulat qui lègue une rente perpétuelle de 5 frs par an à la fabrique pour l'entretien du luminaire de la chapelle d'Arriagosse.




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Entraide apportée par :
- M. Alain Eymard
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© Marie-Pierre MANET







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