La monographie locale

de Vidouze.
De R.ANCELY

(© ADHP - A 303)


(Monographie offerte par M. Alain Eymard)




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Les familles de Vidouze depuis l'origine

Il serait intéressant de rechercher comment les noms de famille des habitants se sont formés ; comment ils se sont développés et à quelle époque ils ont pris leur orthographe définitive. Malheureusement, les documents que nous possédons ne sont pas assez nombreux et il aurait fallu les recouper et les contrôler par de vieilles minutes notariales. Ces dernières ne représentent pas grand intérêt car elles ne remontent pas au-delà du XVI e siècle (du moins celles que nous connaissons).

Vidouze a cependant de bonne fortune de posséder sur son territoire deux documents anciens du XV e siècle ; l'un de 1439, l'autre de 1473. Nous les avons analysés à propos du serment de fidélité prêté sucessivement par les habitants de Vidouze au seigneur Géraud de Rivière et au seigneur de Ros, Rodes ou Darrodes. Ces deux documents ne portent pas les noms de toutes les familles ; le premier notamment. Les deux seigneurs sont il est parlé ne possédant chacun qu'une partie des droits souverains sur la communauté, il est probable qu'à chaque cérémonie on ne convoquait que les tenants des quartiers soumis à la foi due à leur suzerain. Par ailleurs ces deux pactes de fidélité sont rédigés en latin, par deux notaires de régions différentes, et chacun d'eux a traduit en cette langue les noms des habitants présents avec une graphie particulière. Pour essayer de montrer la transformation sucessive des noms, nous les ferons apparaître dans un tableau en plusieurs colonnes donnant la graphie sucessive en 1439, en 1473, la 3 e colonne étant au nom transformé tel qu'il se prononce aujourd'hui :


 

1439
1473
Transformation définitive

Bernado de Vinhali
Garcias Dujac
Bernardum de Molonguet
Arnaldo de Fontanhera
Johannes de Fonte
-
Arnaldus de Pelanne
Vitalis de Lanabera
Johannes de Sanet Arman
Sancius de Torrats
Guihemus de Perris
Dominicus de Fabro
-
-
-
-
-
-

Petro de Viali
Garcia Dujaco ou Huyaco
Arnardo de Molongueto
Arnaldo de Fontanhera
Forcio de Fonte
Petro de Roseriys ou Rosario
Johanno de Bedanne
Vitali de Lanabera
Sancto Germano
Dominico de Terrata
Petro de Perris
Arnaldo de Fabro
Bernado de Castoli
Pedro de Cortiada
Guilhermo de Ploms ou de Pomo
Guillermo de Dessamonseto
Petro de Laïus
-
Bignalet
Dujac
Molonguet et Moulonguet
Lafontaine
Lafon
Larrousé
Pélanne
Desnavères et Navères
Saint-Germain
Laterrade
Dépierris
Forcheron (?)
Coustau
Courtiade
Desplous
Samonzet
Lajus



Un siècle plus tard, quand l'état-civil apparaît (les plus anciens registres paroissiaux sont de l'année 1672), les noms de famille sont définitivement formés ; lorsque la communauté se réunit le 28 Mai 1691 devant Me Salavert, notaire royal, les noms sont presque tous orthographiés comme maintenant. Nous les citons ci-après à titre d'exemple et ils sont d'autant plus intéressants que ce jour-là la communauté était toute convoquée et que le nombre des habitants était particulièrement important : Bertrand Depierris - Bernard Laporte - Jean Lafont - Jean de Navères - David Darnaud - Jean Larrouzé - Jean Baix - Jean Lafont Mardaignou - Arnaud Navères Pallent (Palluet) - Bernard Coustau - Jean Navères Labesque - Pierre Larrouzé Chopine - Jean Depierris Mengelly - Jean Dufar Jeandoulet - Jean Depierris Flouquet - Jean Larrouzé Boulogne - Jean Larrouzé Hourticq - Jean Darbus - François Mollonguet - Jean Depierris - Pascau - Gaillardou - Delibrun - Patau - Bernard Pélanne Peyroy - Jean Darbus Larfange - Jean Navères Moulié - Jean Mollonguet deu Romeu (Moureu ?) - Jean de Joucla Abédeille - Jean Mollonguet Ansic (Antic ou Lanticq) Jean Lafon Picaignon - Antoine Navères Rigollet (Richoulet) - Pierre Mollonguet Pias - Jean Mollonguet Ballaline - Sauxon Depierris Crabière (Lacrabère) - Amanieu Molonguet Pouchotte - Jean de Brun Manautou - Jean Navères Peyret - Jean Pierre Pélanne Estienou - Jean Navères Babané - Jean Navères Sardaigne - Jean Pecable Bourdenou - Jean Rusailh Bordallé (Bourdallé) - Jean Dujac Gaoult (Gacuhet) - Jean de Houers - Jean Dujac Montus - Jean Depierris Tuya - Jean Pélanne Tracanet - Jean Dabadie chirurgien - Petit Cailhau Archambaud - Jean de Larrozé Perdiga (Perdigué ?) - Jean Lafon dit Major - Laurens Laterrade Naron.

On retrouvera dans cette liste la plupart des noms des habitants des maisons de Vidouze. Et le plus ancien terrier ou cadastre de la commune conservé aux archives des Hautes-Pyrénées et datant de 1667 reproduit les mêmes noms avec les quelques variantes que leur a donné le géomètre chargé de l'établir.

D'après ce terrier les familles les plus importantes de la communauté étaient les suivantes :

M. Jean de Crudères; greffier au Parlement de Pau, possédait 101 journaux.

A cette famille se rattachait certainement Jean Crudères, prêtre et curé de Vidouze qui en 1682 faisait sa déclaration au Parlement de Navarre pour diverses prébendes qu'il possédait à Lembeye (Archives Basses-Pyrénées - Série B. 3994).

- Gailhard et Jean Pélanne Peyrouilh possédaient ....64 journaux.

- Mathieu Carde....................................................60 journaux.

- M. de Lacaze de Lembaye...................................43 journaux.

M. de Lacaze, seigneur de Séméacq, était juge mage du comté de Parbère. Il a vendu sa propriété en 1766 au sieur Depierris Chanchou et par suite de mariage elle est passée en mains de la famille Moulonguet Ancely.

- Antoine Vignau de Nay possédait.........................38 journaux.

La famille Vignau est restée propriétaire à Vidouze d'un domaine important jusqu'au 26 Juillet 1768 date à laquelle René Guillaume Pousset de la Mignardière, chevalier de l'ordre royal de Saint-Louis, capitaine des grenadiers royaux agissant en qualité de donateur de sa grand'tante demoiselle Marie Duvignau de Nay a vendu cette propriété avec maison, grange, borde, parc, jardin et verger à plusieurs acheteurs dont le sieur Lafon Bourdenou (Acte Lamothe - Notaire à Vidouze).

Dans le serment de fidélité du 21 Mai 1549 prêté par les habitants de Vidouze à Henri III de Navarre figure comme témoin Messire Guilhem de Vihnas prêtre du dit lieu de Vidouze y habitant qui est probablement un ancêtre de la famille.

- Gailard Desnavères notaire possédait..................35 journaux.

Dans un acte de Lamothe notaire à Vidouze du 23 Août 1787 on trouve comme témoins : Noble Charles de Navères seigneur de la Tour de France, et juge du Comté de Parabère et son fils Jacques, avocat, habitant à Vidouze. En 1740 Mieussens notaire à Sombrun reçoit le testament de Jacques de Navères Bousquet, bourgeois de Vidouze.

- Arnaud de Molonguet dit l'Espagnoulet possédait.......... 34 journaux.

- Joannet de Molonguet Anticq.......................................32 journaux.

- Bernard Molonguet.....................................................31 journaux.

- Jean Pelanne quartier Rombartes..................................31 journaux.

- Saint-Germain avocat aux ordinaires de Parabère...........30 journaux.

En dehors de ces grands domaines, les moyennes propriétés oscillent entre 12 et 20 journaux ; les petites entre 2 et 10 journaux. Les contenances sont indiquées d'après le terrier de 1667 ; à cette époque, le journal de terre valait 93 ares 78.

En dehors de toutes ces familles nous en trouvons encore d'autres qui, aux XVIII e siècle possédaient des biens dans la commune et dont l'une y habitait.

La première était celle de Jean Moulonguet, Procureur fiscal du Comté de Parabère. Il vivait entre 1700 et 1738. Son existence et ses fonctions sont connues par son testament du 26 Mai 1738 (Carde notaire à Vidouze). Cette famille habitait Vidouze et sa présence y est confirmée car un des fils assiste à une réunion de la communauté du 20 Novembre 1749 en qualité de bourgeois de Vidouze. Jean Moulonguet eut six enfants. L'aîné Jean, cité ci-dessus, se maria avec Marie Darrusail, fille d'un bourgeois de Luc-Armau ; Jean, cadet, fut chapelain de la chapelle Saint-Antoine du château de Parabère (Acte Delouyt, notaire à Vic-Bigorre du 28 Novembre 1749) ; il fut ensuite nommé curé de Sedzère où il fut assassiné en 1746 (Archives Basses-Pyrénées - Série B 5388).

L'acte Delouyt de 1749 constate que le curé de Sedzère auparavant chapelain de Saint-Antoine, était décédé à cette date. Il n'y a donc pas de contradiction entre les deux documents.

Parmi les filles l'une Jeanne se maria à Pierre Navères Moulié de Vidouze (Carde notaire 3 Novembre 1740). Cette famille n'a aucune parenté avec les Moulonguet Lacaze qui a son origine dans la branche Moulonguet Anticq.

Le seigneur le plus important de la région possédant des biens à Vidouze était Messire Alexandre, Bertrand de Nays, chevalier, marquis de Candau et baron de Vauzé. L'aveu et dénombrement de ses terres de Vidouze devant la Chmabre des comptes et finances du Parlement de Navarre à Pau est curieux et important tant par l'origine de ses biens que par les prérogatives dont il jouissait dans la commune.

Il déclara, en effet, que, par lettres patentes de 1563 :

"Jeanne d'Albret, princesse souveraine de Béarn, fit don d'une vigne et autres biens situés dans la paroisse de Bidouze en Rivière-Basse... à Bernard de Cassagnère son échanson à charge de foy et hommage à chaque mutation et sous la redevance d'une parie d'éperons dorés"

Le marquis de Candau était un descendant de Bernard de Cassagnère. La vigne qu'il possédait à Vidouze était appelée communément la vigne "deou Seignou" et confrontait à terre de Hau de Lacombe. Il avait le droit de vendanger le premier. A cet efet, un consul et un garde de Vidouze devaient aller le prévenir en son château de Peyrelongue du jour où la communauté arait décidé d'ouvrir la vendange et à patir de cette notification il avait trois jours francs pour s'y préparer (Archives Basses-Pyrénées - Série B 5753). Il possédait également une chataigneraie dans la commune et les registres de Carde notaire révèlent un procès-verbal du 7 Janvier 1728 dressé contre un sieur Dujac pour dommages par bestiaux à cornes.

Il résulte de cet exposé que, en dehors des droits de fiefs dont nous avons parlé, les vicomtes de Béarn possédaient quelques terres sur la communauté de Vidouze et il est curieux de constater qu'en dehors de la succession Lautrec échue à Henri IV, sa mère, Jeanne d'Albret, possédait elle-même des parcelles de terre à Vidouze dont l'une portait à raison probablement de cette propriété royale le nom de Vigne "deu Seignou".


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Entraide apportée par :
- M. Alain Eymard
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© Marie-Pierre MANET







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