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La Comtesse de Salcedo
bienfaitrice d'Ancizan
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(Par Lucien Sailhan)[1]


Sceau
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[1] La principale rue d'Ancizan porte le nom de Salcedo. Qui était donc Salcedo ?

Ancizan a eu la bonne fortune de rencontrer une bienfaitrice : Madame de Salacios, comtesse de Salcedo, issue d'une des grandes familles de la Péninsule, mariée à un grand dignitaire d'Espagne et qui fut Dame d'Honneur à la cour de Ferdinand VII.

Cette illustre dame, quoique d'origine espagnole appartient un peu à la France et sans vouloir faire sa généalogie, on peut rappeler que par les femmes, la comtesse de Salcedo descend des anciens comtes de Labarthe, noble maison qui compte, parmi ses ancêtres, deux prélats éminents : Géraud de Labarthe, archevêque de Toulouse et Auch en 1192 et Arnaud-Guillaume de Labarthe, évêque de Lectoure et d'Albi en 1347 ; un maréchal de France, Paul de Labarthe, seigneur de Termes, Gouverneur de Paris, pendant la Ligue, lequel ne dût sa disgrâce qu'à la grande modération qu'il montra au début des guerres de religion.

Si bien partagée par les dons de la naissance, Madame la Comtesse de Salcedo aura jeté un nouveau reflet sur cette brillante famille et, suivant l'exemple d'une gracieuse souveraine, sa compatriote, elle aura été dans les limites de ses ressources, la Providence du pauvre et de l'orphelin... C'est à elle qu'Ancizan doit d'avoir été pourvu d'une maison d'éducation renommée dans tout le département des Hautes-Pyrénées par les éminents services qu'elle a rendus.

L'orphelinat fondé par Madame la Comtesse de Salcedo fut ouvert en 1853. La direction en était confiée aux religieuses de la congrégation des Sœurs de Charité de la Présentation de la Sainte-Vierge, dont la maison-mère est à Saint-Symphorien près de Tours, Indre-et-Loire. Il fonctionna jusqu'en 1923.

La considération dont jouissait l'orphelinat d'Ancizan était due aux heureux résultats qu'il a obtenus. Dans le pays d'Aure, les familles voulaient être favorisées et obtenir l'admission de leurs filles ; mais hélas ! la bienfaitrice a des limites forcées et il arrive un moment où elle ne peut qu'invoquer des "imitateurs".

La seule réserve que la fondatrice ait faite en sa faveur était le droit de présenter une pensionnaire gratuite et la jouissance d'un modeste appartement dans la Maison, au cas où elle désirerait l'habiter (ce qui ne se produisit pas), prétention légitime, car quelle plus douce récompense aurait-elle pu s'offfrir que de voir les résultats heureux de sa création ?

L'orphelinat d'Ancizan était spécialement destiné aux orphelins et aux enfants de familles pauvres. Les enfants de familles aisées y trouvaient également accès ; les conditions d'admission étaient avantageuses et les éléments d'éducation excellents.

La municipalité d'Ancizan a demandé et obtenu de l'Empereur Napoléon III, l'autorisation de donner à la principale rue de la ville le nom de Salcedo, nom de sa noble bienfaitrice.

Les armes des Comtes de Labarthe étaient sculptées à l'intérieur de la coupole de la chapelle, écartelées avec celles de la maison de Salcedo.

Madame la Comtesse de Salcedo, en 1863, habitait 32 rue du Havre à Paris. Son décès a dû se produire en l'année 1890.

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A l'orphelinat d'Ancizan se rattache le nom d'un vénérable ecclésiastique M. l'abbé Viella-Abadie, né à Gouaux, donc enfant de la vallée d'Aure qui, pendant plus de 30 ans, a été un des membres les plus vertueux et les plus zélés du clergé de Paris.

En dirigeant l'orphelinat d'Ancizan et celui d'Arreau, il a toujours pris pour devise cette simple et touchante parole du Christ :

"Laissez venir à moi les petits-enfants !"

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Habitants de la ville d'Ancizan, souvenez-vous de la Comtesse de Salcedo et de l'abbé Viella-Abadie !







Notes

[1] Sources : Gallica.bnf.fr
Bibliothèque Nationale de France
Bulletin de la Société Académique
des Hautes-Pyrénées.
Société Académique
des Hautes-Pyrénées.


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© Marie-Pierre MANET







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