Étymologie des communes
Hautes-Pyrénées
département 65

(suite)

(ADHP - Bigorre et les quatre vallées - Tome I)



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24. Noms Aquitains :
X. Ravier a étudié les suffixes -un, -on et -en qui affectent des formes comme :
Ossen et Ossun.
Buzon et Buzun.
Beaucen(s) , Bertren, Grailhen, Aulon, Caixon, Ozon, Aucun, Bun, Mun.

Le suffixe -st au vocalisme variable, apparaît dans : Adast, Andrest, Generest, Antist, Ansos, Arbeost, Ardengost, Berberust, Cheust ou Grust.

Le plus connu de ces suffixes, mis en évidence par les travaux de G. Rohlfs et de J. Seguy, est le suffixe -os et son équivalent aragonais -ués : il précise un très grand nombre de toponymes de l'extrême Sud-Ouest et apparaît dans : Agos, Nistos, Genos, Esparros, Banios, Cinos, Sabarros, Sinzos, Angos, Tuzos, etc...

Peut-être faudrait-il en rapprocher d'autres suffixes :
en -s comme -ès (Bartrès).
-is (Sassis, Ris).
-us (Ségus, Bazus).
-as (Nestalas, Arras).

Certains de ces suffixes semblent avoir été accolés à des noms latins comme :
Vitalis (Vidalos).
Barbatius (Barbachen).
Bellicius (Vieuzos).

D'autres paraissent avoir été utilisés jusqu'au Haut Moyen-Âge :
(Gaillagos, Saligos).



25. Noms Aquitano-Romains :

Vient ensuite une couche de noms latins (de la conquête romaine au V ème siècle), composés d'un gentilice classique ou de noms nouveaux, dérivés ou indigènes, modifiés par le suffixe -anum, leur présence constitué une présomption en faveur de l'existence d'un domaine créé entre le Ier et le IV ème siècle.

Ainsi :
- le "fundus aurelianus" : "le domaine d'Aurélien" aurait été à l'origine d'Aureilhan.
- tandis que "Orentius" aurait donné "Aurensan".
- Aventinus, Aventignan.
- Barbatius, Barbazan.
- Catilius, Cadeilhan.
- Siradus, Siradan.

Et la grande famille des Antistii :
aurait donné son nom à son ancien domaine d'Antichan, en Barousse.
De cette époque, pourraient dater des noms de lieux venant d'un anthroponyme non suffixé :
(Saturnius, Sadournin),
ou d'un simple appellatif :
(terras colonicas, "terres confiées à des colons défricheurs", Collongues).

Le suffixe -anum a pu servir encore, mais rarement à caractériser des noms d'origine celtique : Artanius serait ainsi à l'origine d'Artagnan et "Arepaius" d'Arpajan (Monléon, Magnoac) et des anthroponymes aquitains comme Arcisus qui serait à l'origine d'Arcizans. Sensiblement contemporaine de la précédente est la couche toponymique que caractérise l'emploi du suffixe celtique latinisé -acum dont la signification est moins précise que -anum, mais qui fut particulièrement utilisé dans la désignation des domaines. Paraissant être resté en service jusqu'au Haut Moyen- Âge, il a dû, en premier lieu, servir à préciser des noms d'hommes d'origine celtique ou celtisés fondateurs de domaine comme :
- Benus (Bénac)
- Cavannus (Cabanac)
- Gennitius (Gensac)
- Talasius (Talazac)

Ou encore peut-être ce riche propriétaire nommé "Cantilius" qui aurait possédé les exploitations rurales nommés Cantillac à Maubourguet, Bazet, Ousbelille et Bordères.

Dans un second temps, le suffixe a affecté des noms de personne aquitains attestés dans les inscriptions :
- Arcisus (Arcizac)
- Sembedo (Séméac).
- Sendus (Sénac).
- Catilius (Cadéac).

Et on le rencontre dans des noms qui nous demeurent mystérieux comme :
- Ayrac.
- Bourréac.
- Laméac.
- Lansac.
- Oléac.
- Tuzac connu par son diminutif Tuzaguet, etc...

Il a enfin été appliqué aux noms d'origine latine, classiques ou dérivés, comme : - Serenius (Sarriac et Sariac).
- Avitus (Avezac).
- Sylvanius ( Soubagnac, à Labatut-Rivière).
- Basilius (Bazillac).
- Potitus ( Pouzac).
- Priscius ( Préchac).
- Bellicius (Vieuzac).

Des appellations botaniques, d'origine celtique ou latine ont pu encore en être formés, ainsi : - Verna "aulne" a donné Bernac.
- Tilia "tilleul" le Tilhac de Vic-Bigorre.




26. Noms germaniques.

A. Nom d'apparence ou de constructions germaniques :
Ainsi que noms de petits groupes barbares, isolés au milieu de la population indigène en voie de romanisation, auraient attribués ou fait attribuer à des établissements fondés à partir de V ème siècle.

Goudon pourrait ainsi provenir d'un (fundus) Gothorum Gouts en Rivière-Basse de "Gothos" «les Goths».

Clarens d'un nom de personne , du latin "Clarus".


B. Dans la vallée de Louron, toponymes germaniques :
- Adervielle.
- Aquitaine.
- Loudenvielle.
- Viella.
- Aranvielle.
- Estarvielle.
Probablement composés d'un terme suffixé et d'apparence (basque "aran" «vallée») et du produit gascon du latin "villa" «ferme» puis «agglomération rurale».


La toponymie:
Met en évidence des régions qui, par l'emploi de certains types de noms se distinguent des pays voisins, ce qui permet de supposer chez elles une certaine homogénéité de peuplement et de culture.

C. Les noms des cours d'eau déterminent trois principaux ensembles de vallées pyrénéennes :


A l'Est :
La région des Nestes, englobant la vallée de la Pique (ancienne Neste), celles des Nestes de Louron et l'Aure.

Au Centre :
Les vallées du haut bassin de l'Adour creusées par l'Adour de Paillole. - L'Adour du Tourmalet.
- L'Adour de Lesponne.



A l'Ouest :
Jusqu'à la vallée d'Aspe, les Gaves. Gave, Adour, Neste ont dû être à l'origine le principal terme de référence permettant de désigner un cours d'eau dans chacune de ces trois régions qui connaissait certainement les autres termes comme le prouve l'existence de Nest, ancien nom du Gave de Cauterets, confluant à Nestalas avec le Gave, et du ruisseau de Gavarnie dans celui de l'Adour.




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© Marie-Pierre MANET








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