De la guérison d'une paralytique d'Ascaïn
en la chapelle Notre Dame de Piétat (1643)
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" L’évesque[1] de Tarbe qui s’estait retiré dans ceste chapelle qui est dans son dioscèse, pour y estre en recollection la septmaine saincte, scachant la merveille arrivée en ceste fille dans le lieu où il estait présent, luy fit déclarer au long toute la suite de ceste affaire... ".

Native d’Ascaïn en pays basque, Marie CHIULDEQUY, âgée de douze ans s’était rendue avec ses parents en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Pendant leur absence les troupes espagnoles arrivées à Saint-Jean-de-Luz brûlèrent les maisons d’Ascaïn. A leur retour la famille se réfugia à Bayonne où la mère ne tarda pas à mourir. Deux ans après, Marie fut frappée d’une paralysie complète.

" Ce coup feut et soudain et violent et universel dans toutes les parties de ce pauvre corps ; les reins, les bras, les mains, les genoux, les henches, les jambes se trouvèrent en un mesme instant atteints et occupés d’une humeur visqueuse et tenace qui, comme un lien invisible, les tenait du tout garottés et sans aucune liberté du mouvement. Ce ne feut pas tout, mais une heure après que ce débordement d’humeurs eut inondé sur tous les membres, sa langue mesme sen trouva saisie et, pour la mettre au dernier point de la misère, elle perdit la faculté de s’en plaindre avec celle du parler. Ce qui arriva de pire à son mal feut la longueur et la durée ; car elle demeura dans Bayonne dans cest estat si déplorable ".

Elle entendit raconter qu’un aveugle avait retrouvé la vue à Garaison, elle fit le voeu de s’y rendre. Accompagnée de son père elle part pour Garaison, s’arrête à Notre-Dame de Buglose. Son père meurt à Saint-Sever et Marie continue son chemin vivant d’aumônes.

« Estant venue à Tarbes... elle passa chemin faisant à Nostre-Dame de Piétat le lundy de la septnaine sainte ; y fit la confession au sieur Harriet, prestre, qui est de sa nation, et entendant la messe pour faire sa communion, elle ressentit une grande esmotion d’humeurs accompagnées de douleurs au long de son bras droict, en estait encore demeurée percluse, ce qui ayant continué jusqu’à l’eslevation du Saint-Sacrement, un grand froid se glissa sensiblement le long de son bras, et immédiatement après le froid elle le trouva renforcé d’une nouvelle vigueur avec le mouvement si souple et si libre, qu’elle le pouvait tourner à son aise et sans aucune peine l’eslever au plus haut de sa teste. Ainsi cette guérison miraculeuse, qui ensuite du voeu faict à Notre-Dame de Guaraison avait commencé dans l’église de son lieu, feut achevée et consommée dans Nostre Dasme de Piétat, pendant le voyage qu’elle faisait vers Guaraison, la saincte Vierge voulant signaler de ses grâces non seulement la chapelle où le voeu la faisait aller, mais aussi celle qui se rencontrait au cours de son pèlerinage, pour témoigner qu’elle les chérit toutes deux, puisque l’une et l’autre lui sont consacrées ».



Guy DALBERNY


Notes

De la dite déclaration envoyée aux chapelains de Garaison par Salvat II de d’Yharse[1]



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© Marie-Pierre MANET







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