Histoire sur Esparros
Hautes-Pyrénées
département 65
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(© Archives Départementales des Hautes-Pyrénées)


I. Situation géographique :

La commune d'Esparros se situe entre lannemezan et Bagnères-de-Bigorre au nord et entre les vallées d'Aure et de Campan au Sud. Cette zone est appelée " les baronnies " en souvenir de l'époque médiévale où une douzaine de barons, vassaux du Comte de Bigorre se partageait le territoire.

Elle est délimitée :

- Au Nord, par Lomné et Avezac-Prat-Lahitte.

- A l'Est, par Labastide, Hèches.

- Au Sud, par le Col de Beyrède et la vallée de Campan.

- A l'Ouest, par Asque, Arrodets et Laborde.


II. Esparros au Moyen-Age :

On retrouve, dans une enquête de 1300, demandée par le roi de France, Philippe IV le Bel, comte de Bigorre, le village d'Esparros, siège d'une baronnie faisant état de la présence de Pierre et Bernard Raymond d'Esparros parmi les onze autres barons du Comté.

Au XI e siècle, apparaît un certain "Benardus Raymundi d'Esparros" comme témoin, en 1093, lors de la consécration de l'église de St Pé de Générest.(actuellement St Pé de Bigorre)

En 1140, le livre vert de Bénac ou cartulaire de vicomtes de Lavedan relate de la restitution des terres nobles de Raymond d'Esparros et d'autres seigneurs à leurs propriétaires légitimes.

En 1180, on trouve, à nouveau, un Raymond d'Esparros, nommé dans le cartulaire de St Pé de Génerest.

Dans la famile d'Esparros, au fil de la lecture d'anciens documents, on trouve :

- Raymundus d'Esparros.
- Ramon d'Esparros.
- Ramon Lub d'Esparros.
- Wilhem Arnaut d'Esparros...

En juin 1256, exemption de taille de service et de péage accordée par Bernard VI à l'abbaye de Berdoues pour ses possessions de Samatan et d'Esparros.

En 1782, un procés oppose les villages d'Arrodets, Esparros, Labastide et Laborde à la communauté de Bulan. Le conflit repose sur les droits que Bulan prétend avoir sur la montagne. Esparros présente un acte de 1262 donné par Esquivat de Chabannais, comte de Bigorre, puis d'autres actes de 1491, 1492, 1664, et 1737.

En 1313, on apprend dans les " Debita regi Navarre " que la baronnie d'Esparros regroupait les localités de Laborde, Primidiu et Esparros.

En 1573, on apprend dans le "dictionnaire Jean Larcher" que la baronnie d'Esparros comprend en plus le village de Labastide.

Le 13 septembre 1584, Henri III donne en engagement au baron Antoine de Begolle, les terres et baronnies de Barbazan-Dessus et d'Esparros.

Le 4 novembre 1593, Antoine de Begole vend pour 400 écus sol à Bernard de Cardeilhac, seigneur de Lomné, la baronnie d'Esparros.


L'Église d'Esparros :

L'église est dédiée à la Vierge Marie. Elle est citée dans les pouilles du XIV e siècle. On peut y voir sa porte cloûtée ou le retable baroque dont l'autel est orné. Au dessus de la porte une petite niche grillagée abrite une statue de la Vierge à l'Enfant. Cette Vierge, assise, en bois polychome, robe rouge ceinturée, manteau bleu, tenant la pomme de sa main droite et portant l'enfant Jésus qui tient un livre. Tout laisse à penser que cette œuvre appartiendrait à l'art populaire du XV e siècle. A l'intérieur de l'église, un Christ agonisant ou mort pourrait être d'origine médiéviale.


Le territoire Communal :

En dehors du village ou "noyau central", on note des zones de peuplement dispersées :

A. Le Castet :
- Au Nord, un habitat fortifié est signalé par le toponyme de Castet. Au sommet de la colline, des vestiges de murs maçonnés donnent encore l'allure générale de l'enceinte extérieure. Les murs sont de faible épaisseur, environ 1 mètre de large pour 6 mètres de long et 1 mètre de haut. On trouve d'autres pans à l'angle ouest de la plateforme sur 5 mètres de long. La longueur de l'enceinte supposée atteint les 72 mètres. A l'intérieur de l'enceinte, une zone légèrement plus élevée et de faible surface a dû soutenir un donjon.

- Au Sud du Castet, la pente de la colline porte le nom de "Barry". Ce terme désigne généralement un développement de l'habitat en dehors de l'enceinte fortifiée.

-A l'Ouest du Castet, des restes de céramique pourrait laisser penser à la présence d'un habitat, mais à ce sujet rien n'est certain.
B. Le Casteriou :

Le "castériou" est une bande de terre à l'ouest du territoire communal. C'est un ensemble de champs cultivés qui, à sa base Nord, a une une forme arrondie. Peut-être sommes-nous en présence d'un ancien camp du Haut-Moyen-Âge, abandonné après la Révolution féodale.

III. Les moulins :

A l'ouest du village, on peut voir encore deux moulins à cheval sur le ruisseau de Layguette. Le moulin de la Ribère est un moulin à farine.

En aval de ce dernier, une scierie moderne fait face au vieux moulin à scie qui fait penser à une origine ancienne en raison du rôle important de l'industrie du bois dans l'écomomie locale que ce soit dans la construction ou l'équipement intérieur des maisons.

IV. Vestiges divers :

Au Nord-Ouest du terrain forestier, on trouve des traces d'un four à chaux : paroi d'environ 4 m de hauteur et composée exclusivement d'argile cuite de charbon et de débris de chaux. Son emplacement est dans l'axe de la pente afin de faciliter les opérations de cuisson et de récupération de la chaux.

V. Grotte sépulcrale :

La grotte sépulcrale se trouve au lieu dit "Spuguette de la croüts d'Artigaou" dans la forêt d'Esparros à 2 km au sud d'Arrodets. Sur la voûte de la grotte, on remarque une croix latine gravée profondément. Cette grotte fut découverte en 1980 par Jacques Omnès. Y furent trouvés un humérus et 2 vertèbres de l'âge de Bronze au lieu de "Tute dèt Harry" et des restes de 4 adultes à la grotte de Bouchète.

VI. D'autres trouvailles :

Aux alentours de 1960, fut découvert une pointe de lance en bronze dans la carrière Barry, à l'ouest du Castet. La pointe pèse 165 g et mesure 176 mm de haut et 48 mm de large. La largeur des ailerons est de 14 mm. On pourrait la dater entre la fin du Bronze moyen et le Bronze final.

VII. La grotte de Coustet :

Dans la grotte de Coustet, on a trouvé une importante découverte de céramiques de l'époque du bas Moyen-Âge.

VIII. Mines de fer de Sarramer :

En amont du ruisseau de l'Artiguette, on aperçoit les vestiges d'une mine de fer à ciel ouvert qui s'étend entre 950 m et 1331 m d'altitude sur le territoire d'Esparros. Un acte du 29 Octobre 1660, rapporté par A. Claverie précise que parmi ses possessions seigneuriales, le baron d'Esparros possédait des mines et une forge à faire le fer sur la rivière de l'Arros. La forge aurait été construite par deux marchands de Toulouse en 1639.

IX. Vestiges d'un habitat :

De nombreux vestiges archéologiques ont été découverts à une altitude de 1331 m. Des fragments d'autels votifs ont été mis à jour ainsi que de nombreux tessons de céramique médiéviale et moderne. La construction d'une route forestière de la crête de L'Escala vers la commune de Hèches et ses bois de Bouchidet a mis jour des vestiges d'un four à fer. Aujourd'hui, les vestiges de ce four sont enfouis sous une vaste plateforme goudronnée qui constitue le parting du col de "l'Oueil Luzent".

Conclusion :

Au IV e millénaire avant Jésus-Christ, certaines grottes ont dû servir d'abri refuge temporaire pour les hommes à cause du désagrément de la neige. La montagne fut exploitée pour ses gisements de fer. L'église semble avoir été un pôle d'attraction important ainsi que le château dont le témoignage d'anciens documents de la fin du XI e siècle. Vu l'étroitesse du château, le seigneur devait résider ailleurs, au village et dans une maison du Barry. La diversité des vestiges permet de conclure à un peuplement ancien des lieux.




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Chacun peut apporter son aide concernant la commune d'Esparros.
© Marie-Pierre MANET




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