L'historique
du Lycée Théophile Gautier.



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Le lycée Théophile Gautier.).

En 1570, ce sont les guerres de religions où les catholiques et les protestants s'affrontent sans merci. Le premier établissement scolaire se trouve alors non loin de la place Maubourguet. Une lutte acharnée s'engage où périt la moitié de la population de Tarbes. Les rues sont jonchées de cadavres "en proye aux chiens et oiseaux de rapine"... pendant des années, on verra l'herbe pousser "par les rues comme en un pré". Le bâtiment scolaire brûle.

En 1590, le collège trouve refuge dans l'hôpital Saint Blaise. Les régents et les maîtres sont logés en ville au frais de la communauté tarbaise.

Entre 1600 et 1610, commence une interminable négociation entre le seigneur d'Ossun, propriétaire d'un spacieux et bel hôtel particulier, rue Forcade - l'actuelle rue Ramond - et les consuls tarbais.

En 1633, le sieur d'Ossun vend son hôtel particulier à la ville de Tarbes... "cédé, quitté, délaissé et aliéné, en faveur et au profit de la la dite ville de Tarbes, maison à trois étages, consistant en deux corps de logis, et officines couvertes d'ardoises, basse-cour et jardins, tout tenant et contigu, de contenance de 1 journal 1/2, sis en ladite ville pour la somme de 3 500 livres, à recevoir comptant en Pistolles coing d'espaigne, et escus d'or au soleil, double ducas, quarts et 1/2 quarts d'écus et autre bon payement ; et quoi le susdit sieur d'Ossun s'est tenu content. Et ainsi tous ont juré aux saints Évangiles de Notre Seigneur".

En 1670, à la suite d'une diminution de dettes consentie par Colbert, les négociations des doctrinaires parviennent à aboutir au mois d'avril de cette même année. Ces derniers s'installent au Collège avec mission "d'instruire la jeunesse avec plus de piété à l'étude, avec plus de fruit à la connaissance des belles-lettres".

Le Collège, considéré comme un des plus fameux de la région atteint son apogée en la seconde moitié du XVIII ème siècle. Il recrute bien sûr en Bigorre et en particulier dans le Lavedan, mais aussi dans les quatre vallées, le Nebouzan et même le Comminges. Objet de soins constants des consuls tarbais, il bénéficie d'importants réaménagements et agrandissements.

En 1769, les "deux ailes du dit Collège et des classes" sont achevées. Ferrère, membre illustre d'une lignée de sculpteurs bigourdans, est chargé par la ville, à titre de commissaire, de vérifier la qualité des travaux. Ferrère exécute consciencieusement son travail et dresse la liste des travaux qu'il juge nécessaire. les consuls adoptent, à l'unanimité, le rapport de Ferrère et exigent, en plus, tout en limitant le cout des travaux à 900 livres, que "les armoiries de la ville et les inscriptions qui sont sur les anciennes portes qui doivent être démolies soient replacés sur les nouvelles" .

Cette même année 1769, est également marquée par l'accroissement de la jeunesse : l'essor du maïs a permis un recul de la mortalité infantile et juvénile. Le maintien du "bon ordre" devint pour la ville la préoccupation majeure ; une avalanche d'ordonnances et de mesures diverses voient le jour.

Il est fait défense aux écoliers de lancer des "pelotes" de neige, surtout lorsque les passants sont pris pour cibles, mais aussi de jouer au balon, à la paume, au palet et aucun autre jeu sur la place du Maubourguet.

Une maréchaussée constituée de quatre hommes veille au "bon ordre"... à partir de 1782, chacun sera tenu de fermer sa porte passé dix heures du soir, car des écoliers tumultueux arrêtent les passants, lâchent des armes à feu contre les maisons, allument des feux dans les carrefours et sur les places, se livrent à des manifestations scandaleuses au Maubourguet et au Pradeau.

Jusqu'en 1791, le Collège, tenu par les Doctrinaires, continue à avoir une activité tout à fait normale. Cependant, la situation paraît se dégrader en novembre : certains postes de professeurs restant vacants, au niveau financier et disciplinaire. A partir de Juin 1792 , la municipalité en est informée officiellement et dès le 13 du mois, l'établissement de vide progressivement de ses élèves. Le 18 août 1792, le jour même de la distribution des prix, la Législative décrète la dissolution des congrégations religieuses. Toutefois, les membres des congrégations enseignantes peuvent continuer à professer mais à titre individuel tout en percevant un salaire.

La période du directoire fait place à l'école publique ou dans les matières de l'enseignement le latin et le grec ont une moindre place. On insiste, par contre, beaucoup sur le civisme.

Pendant l'année 1794, tout semble continuer de fonctionner normalement malgré des arrestations.

La loi du 19 décembre 1793 rend l'enseignement primaire obligatoire et gratuit ; cette loi est annulée et remplacée par la loi Daunou de 1795 par le création des "Écoles Centrales". Le 21 ventôse An III (12 mars 1795) les députés affirment que "le peuple du département des hautes-pyrénées réclame une École Centrale à Tarbes".

Au décret de fondation de l'Ecole Centrale succède avec célébrité la loi du 25 novembre 1795 prévoyant que les professeurs seront nommés par "un jury d'instruction départemental" après examen et à condition d'être agréées par le Directoire départemental. Ce jury est composé, entre autres, de Pierre-Anastase Torné, qui, à titre de secrétaire, adresse en mars 1796, un appel "aux citoyens du département et des départements voisins, pressés de porter le fruit de leurs travaux au nouvel établissement".

Alors se crée une sélection très rigoureuse des enseignants. Les conditions salariales sont très attrayantes.

Finalement, parmi les enseignants retenus, nous en retiendrons trois : Ramond de Carbonnières (pour la chaire d'histoire naturelle) ; Jean-Auguste Dangos (ou d'Angos) pour les mathématiques ; Pierre-Anastase Torné pour le poste de bibliothécaire qu'il occupa que très peu de temps puisque à sa mort dès le 12 janvier 1797, Dangos occupe ce poste et, de ce fait, devient, officiellement bibliothécaire de la ville de Tarbes

Le 1er septembre 1796 a donc commencé l'existence légale de l'École Centrale. Elle prendra fin le 18 août 1804.

Peu à peu, le bâtiment se dégrade.

En 1853, la municipalité sut convaincre Napoléon III d'élever le Collège Communal en "Lycée Impérial" d'externes, puis en 1856 "à pensionnat".

En Juin 1856, de très importants travaux furent engagés avec, notamment la construction d'un bâtiment long de 47 mètres sur 4 niveaux, plus les combles, dans ce style caserne que l'on retrouve au quartier Soult, au lycée technique et à la Cité administrative. La réception de la fin des travaux n'eût lieu qu'en novembre 1859, mais le lycée avait pu être inauguré dès février 1858. Le coût des travaux fut de 3000.000 F soit environ le double des recettes annuelles de la ville.

Le lycée continue à s'agrandir obligeant des expropriations qui se règlent à l'amiable. Les travaux s'éternisent pour faute de financement de la ville. Il y eut même un procés entre l'architecte et la ville de Tarbes.

Le nouveau Lycée fut inauguré en 1908. Le chauffage central fut installé entre 1938 et 1940, les salle étant chauffé par des fourneaux à charbon.

La discipline était fort sévère mais heureusement s'assouplit au fils du temps.

Mai 1968 mit fin à une très belle pratique et, de plus, très motivante pour récompenser les élèves à divers degrés : la remise des prix. La dernière eût lieu le 5 juillet 1967.




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L'autorisation de publication a été accordée par le Lycée "Théophile Gautier" de Tarbes.
© Marie-Pierre MANET








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