HISTOIRE :
L'histoire du département se rattache à celle de la
Gascogne. - Le pays compris dans la province Narbonnaise
par les Romains eut pour habitants primitifs des peuples
que César nomme Tarbelli, Bigerriones et Flussates. -
De la domination romaine il passa successivement à celle
des Visigoths, des Francs, des Gascons. - Le Bigorre,
ainsi que le pays des Quatre-Vallées, eut des comtes à
l'époque du gouvernement féodal. - Ces diverses provinces,
réunis au Béarn en 1252, en ont depuis suivi le sort, et
faisaient partie du patrimoine de Henri IV. - Après avoir
appartenu aux comtes de Bigorre, les vallées du Lavedan
eurent, vers l'an 1000, des vicomtes particuliers ; elles
furent plus tard réunies à la Gascogne.
Avant la Révolution, le Bigorre était un pays d'États ;
il avait divers privilèges : ses députés, présidés par
l'Évêque de Tarbes, se réunissaient tous les ans pour
traiter de la répartition des impôts et des objets qui
pouvaient intéresser le pays.
ANTIQUITÉS :
Les Monuments antiques autres que ceux du Moyen-Âge
sont rares dans le département ; cependant, parmi les débris
de l'époque romaine, on peut citer les établissements thermaux
voisins de Cauterets, et que l'on nomme, l'un Bains des des
Espagnols, l'autre Bains de César. - Dans le premier,
on voit encore la voûte antique ; le reste des anciennes
constructions est tout-à-fait en mauvais état. - Les
Bains de César offraient autrefois une large piscine
surmontée d'une voûte, éclairée par deux ouvertures de
forme ovale ; aujourd'hui, cette distribution est changée
et appropriée à l'usage que l'on fait de cette source. -
Dans un pâturage, auprès de Laurès (arrondissement de Bagnères),
on a découvert, il y a vingt ans, un beau pavé en mosaïque
riche de couleurs diverses assez bien conservé, et
plusieurs cuves en marbres. - La ville de Saint-Bertrand,
ancienne capitale du Comminges, passe pour l'ancien
Lugdunum Convenarum de Strabon et de Pline.
On trouve dans les environs de cette ville,
qui, au moment de la révolution, était encore un
évêché, beaucoup de débris antiques, tels que vases,
statuettes, tronçons de colonnes, restes d'aqueducs,
médailles, briques, poteries, etc. - Un grand nombre
d'autels votifs découverts dans le département sont
consacrés à des dieux locaux, inconnus mêmes aux plus
habiles mythologues. Ainsi, dans les inscriptions, on
lit les noms de Héliougmouni, Armaston, Bocchus, Astoïlunnus,
Abellion, Arardus, Iscitus, etc. - Une voie romaine qui
conduisait de Dax à Toulouse traversait le département,
on en voit encore des traces ; et l'on trouve non loin
de Saint-Martin d'Arcizac en Bigorre, l'Estelou de Vielle,
espèce d'obélisque tel que les Romains en plaçaient le long
de leurs grandes routes ; c'est une masse carrée de 309 pieds
de haut sur 8 d'épaisseur, bâtie par assises de briques et de
pierres presque cubiques ; les revêtements en sont encore
conservés dans quelques parties. - Une pierre levée
(celle des Créchets, près de Barousse) n'appartient
pas à l'époque druidique, et ne paraît être qu'un accident naturel.
MŒURS, CARACTÈRE, ETC :
Les mœurs et le caractère des habitants de
Tarbes et des principales villes du département où
affluent les étrangers qui fréquentent les eaux thermales
sont empreintes d'urbanité et de politesse. L'esprit de
sociabilité y est répandu. On trouve chez les Bigordans
une imagination vive, un esprit ardent, une sensibilité
qui dégénère souvent en susceptibilité. Les Béarnais,
leurs voisins, leur reprochent de manquer de franchise,
et ceux qui citent avec orgueil le proverbe Bearnès "faus
et courtès", ne manquent jamais d'ajouter
"Bigordan pir que can".
Mais ce n'est pas dans ce proverbe d'un jaloux voisinage
qu'il faut chercher la véritable peinture des mœurs.
Nous préférons citer l'opinion de M. La Boulinière,
qui, ayant rempli des fonctions publiques dans le pays,
a été, à portée de l'étudier.
"Le caractère des habitants
de ce département est trop vif, trop léger, trop mobile,
pour que la haine puisse s'enraciner dans les cœurs et
y causer de grands ravages. Les habitants des Hautes-Pyrénées
mettent plus de piquant que de méchanceté dans leurs offenses ;
ils recherchent plutôt le triomphe de leur amour-propre
que la vengeance ; et si cet amour-propre était bien
dirigé et plus éclairé, la source la plus féconde de
petites discussions domestiques serait tarie. Les
femmes ont beaucoup contribué, dans cette contrée,
à adoucir les mœurs".
"Quant aux habitants des campagnes,
ils se divisent en trois classes : ceux des
vallées et des montagnes, ceux des collines
et ceux de la plaine. Les premiers sont en général
vifs, laborieux, actifs, sobres et tempérants,
mais tous fort ignorants et très superstitieux.
Ils se nourrissent presque entièrement de légumes,
de farine et de laitage, et ne boivent que très peu
de vin. Leurs mœurs n'ont plus cette antique simplicité
qui les caractérisait autrefois ; la fréquentation des
eaux thermales les a modifiées ".
"Les habitants des collines mènent une vie
moins frugale que les montagnards, et font un usage
plus fréquent du vin. - Quant à ceux de la plaine,
ils sont plus lents, paresseux et oisifs, aiment le
vin, mais moins que ceux des collines. On rencontre
plus de mendiants parmi eux ; ils sont ignorants et
crédules. - On peut dire qu'en général les habitants
des Hautes-Pyrénées sont simples, bons et généreux,
un peu portés à l'ivrognerie ; ils aiment l'indépendance
et ils ont du courage et de la fierté ; ils partagent
la vive gaité des habitants du midi, et mettent dans
leurs démonstrations cette chaleur, cet empressement
qui caractérise la vivacité, et qu'anime un langage
passionné, rapide et métaphorique".
COSTUMES :
Le costume des habitants des Hautes-Pyrénées
est simple et commode : fait d'étoffes du pays, ce
qu'il offre de plus remarquable chez les hommes comme
chez les femmes est la coiffure. Pour les hommes, cette
coiffure est, dans le pays de plaine, le berret aplati
des Béarnais, et dans la montagne un haut bonnet de
laine assez ferme pour rester droit sur la tête : les
hommes portent pendant la mauvaise saison de larges
capes à l'espagnole. La coiffure des femmes se compose
d'une espèce de chaperon de drap rouge, bordé de noir,
qui se pose sur la tête et qu'on nomme capulet. C'est
une parure qui encadre d'une façon piquante le visage
d'une jolie femme.
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[Documentation sur la Bigorre]
[Généralité sur les Communes]
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