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Les prisons de la ville de Tarbes.[1]



Sceau
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[1]Ce n'est pas la dénomination singulière, rue des Quatre-Prisons, dont certains facétieux n'avaient pas hésité, il n'y a guère, à baptiser ironiquement la rue Eugène-Ténot, qui a inspiré le pluriel du titre de ma chronique ; en effet, se trouvaient bien sur cette voie tarbaise, outre la maison d'arrêt et le carmel, l'école normale de jeunes filles et, à l'autre extrémité de cette rue, un établissement où les pensionnaires, assez claquemurées elles aussi, n'étaient plus, tant s'en faut, des élèves... maîtresses. Loin de moi l'idée de juger ces quatre communautés identiques.

Ce sont les deux prisons officielles dont étaient dotée, jadis, la ville de Tarbes, et, quand elles furent unifiées, celle qui resta la seule geôle de cette cité, que j'ai voulu évoquer.

J'ai recueilli des renseignements assez circonstanciés sur l'état de ces prisons, les conditions de vie des détenus, en consultant des documents d'époque, et, notamment, un extrait des Registres des arrêtés et décisions de la préfecture des Hautes-Pyrénées, daté du 17 frimaire an XI de la République française.

J'ai pu y lire, en particulier, le compte rendu d'une visite que, le 22 brumaire de cette année-là, le préfet avait faite aux maisons de détention de la ville de Tarbes.

Voici ce qu'il nous apprend :

Les anciennes prisons tarbaises

Il en existait deux, l'une à côté de la mairie, l'autre dans l'ancien couvent des Carmes [2]. La première sûre et bien gardée, comprenait deux pièces seulement où hommes et femmes, il y avait peu de temps encore, étaient entassés. Le maire venait d'exiger, tout dernièrement qu'une pièce du rez-de-chaussée fût disposée pour recevoir les femmes et qu'une cour leur fût réservée. Mais cette pièce n'était pas pavée, était humide et très malsaine pendant l'hiver.

Le préfet apprenait qu'on ne fournissait aux détenus " aucuns moyens de laver leur linge et qu'on ne les rasait jamais. "

Mais ce qui l'avait le plus affligé, c'était de trouver dans la nouvelle et unique chambre occupée par les hommes, les simples détenus pour dettes, quelquefois plus malheureux que coupables, mêlés et confondus avec les plus grands criminels : il y rencontrait précisément, ce jour-là, un condamné à mort pour assassinat, dans l'attente de son sort.

La seconde prison de Tarbes, sise dans le ci-devant couvent des Carmes, était ouvert de toutes parts. Elle était sans gardien assermenté et responsable. Elle ne contenait, au moment de la visite du préfet, que deux femmes qu'on laissait sortir et se promener dans les rues de la ville : c'était vraiment la prison sans barreaux.

Le préfet sortait horrifié de cette inspection.

Il prenait les décisions suivantes :

- Les deux femmes, actuellement détenues aux Carmes, seront transférées dans la maison d'arrêt qui se trouve proche de la mairie et qui servira désormais de maison de justice et de correction.

_ Le maire devra introduire et faire passer dans la cour de ladite maison les eaux d'un ruisseau qui arrosent les rues voisines pour que les détenus y puissent laver leur linge et " s'y baigner pendant les chaleurs. "

- Dans la prison des Carmes, que les femmes auront quittée, deux chambres seront aménagées pour les personnes en mandat d'arrêt et de dépôt et pour les débiteurs. Un citoyen de caractère et de mœurs irréprochables sera commis à leur garde.

Située au centre de la ville, la prison principale était limitée : à l'est par la place de la Portète, au midi par des maisons particulières qui bordaient la rue des Grands-Fossés, à l'ouest par la rue dite de la Mairie et au nord par la rue du Bourg-Vieux. Les bâtiments de la prison étaient fort anciens : ils avaient appartenu aux comtes de Bigorre. C'étaient les villes et les communes qui avaient naturellement hérité des anciens domaines seigneuriaux. Ils se composaient d'une tour carrée de trois étages, dans laquelle se trouvaient les chambres des prisonniers et l'infimerie, d'une construction contiguë à cette tour, comprenant une chambrée pour les militaires, au rez-de-chausée et, au premier étage, le logement du concierge, enfin, d'une autre petite bâtisse ayant une chambre au niveau du sol, servant de préau pour les femmes, et, à l'étage, le bureau du concierge.

C'est par un arrêt du Conseil d'État du roi, le 14 mars 1775, que concession avait été faite, en faveur de la ville de Tarbes, des " mazures " et de l'emplacement de l'ancien château des comtes de Bigorre servant de prison.

" Sur la requête présentée au roi en son Conseil par les officiers municipaux de la ville de Tarbes en Bigorre, contenant que leur hôtel de ville tombant en vétusté, les habitants, les officiers du sénéchal et de la maîtrise des Eaux et Forêts qui s' rassemblent, menacés de périr sous les ruines de ce bâtiment, auraient tenu leurs assemblées dans différentes maisons de la ville, la communauté de la ville de Tarbes aurait senti depuis un long temps la nécessité absolue de faire reconstruire l'hôtel de ville ou d'acheter une maison où elle pourrait tenir ses assemblées d'une manière honnête et décente... après avoir déguerpi de l'ancien hôtel, elle n'avait d'autre ressource que de recourir aux bontés de Sa Majesté pour en obtenir la concession d'un terrain et des mazures d'un ancien château des comtes de Bigorre, servant actuellement de prisons royales avec permission de faire construire sur cet emplacement, ou près d'iceluy, les bâtiments nécessaires aux juridictions royales de ladite ville, et, dans la partie qui pourrait rester libre, conserver les prisons royales actuellement existantes, ou en faire construire, dans la suite, en remplacement, avec obligation de veiller sur les prisonniers.

" Le roi, en son Conseil, ayant égard à la requête, a fait et fait concession aux habitants et communauté de la ville de Tarbes de cet emplacement, à charge de payer au domaine de Sa Majesté, à compter du jour du présent arrêt, une redevance annuelle et perpétuelle de 10 livres, et permet de faire bâtir sur ledit emplacement ou à côté d'iceluy, tous les bâtiments nécessaires aux juridictions royales établies en ladite ville. "

Il est bien certain que ces bâtiments vétustes qui servirent de prison, exigèrent un entretien constant. Au cours des années, des améliorations, des réparations aux toitures d'ardoises en très mauvais états, aux dégradations causées par des prisonniers qui cherchaient à s'évader, des achats de terrains contigus, des constructions nouvelles, mettaient les finances du département sans cesse à contribution, obligeant le Conseil Général à voter les subsides indispensables.

Une chapelle "Intra muros"

L'érection d'une chapelle dans l'enceinte de la prison fut entreprise en 1816. Elle mesurait 6,25 m de longueur sur 4,90 m de largeur. Le montant total des dépenses s'élevait à 2.159,02 F.

Un aumômier, le curé de Saint-Jean, y fut spécialement affecté, avec un traitement de 600 F par an perçu sur les fonds départementaux. Les objets du culte - calice, ciboire - les ornements - chasuble, aube, surplis - sont achetés également par le département qui y consacre une somme de 986,47 F.

Les prisonniers, leur régime

Quel est l'effectif que peut absorber la prison de Tarbes et combien de détenus y sont-ils incoarcérés habituellement ?

Un rapport établi en 1819 et adressé au Ministre de l'Intérieur nous renseigne sur ce sujet.

" La prison peut contenir une centaine d'individus, mais en contient ordinairement de 70 à 90. Au passage de la chaîne, sa population s'élève à 100 et même à à 115 captifs.

Les femmes, au nombre de 18 ou 20, sont inconfortablement logées dans une seule chambre, au rez-de-chaussée, prévue pour un effectif de 10 prisonnières. Le "sexe" ne peut pas communiquer avec les hommes. Jusqu'à ce jour, il n'y a point eu d'enfants renfermés sur la demande de leurs parents. Ceux qui sont condamnés pour simples délits sont placés avec les détenus pour dettes.

La plus grande propreté et le bon ordre règnent dans la prison par les soins du concierge et de sa famille.

Les prisonniers prennent l'air le matin, depuis 7 heures, jusqu'à la chute du jour.

Le maire de Tarbes visite périodiquement la prison et l'adjoint délégué s'y rend deux fois par semaine pour entendre les réclamations que les prisonniers pourraient avoir à faire.

Le concierge a neuf lits qu'il loue aux détenus à des prix modérés.

Les condamnés ou les prévenus ne reçoivent que la ration de pain prescrite par le règlement : 1 kilogramme de pain bis par jour.

L'humanité réclame pour eux 1 litre de soupe. Le concierge fournit la paille de couchage moyennant cinq centimes par nuit et, pour un prisonnier malade, le lit nécessaire et le bouillon. Il reçoit pour ces fournitures 72 F par trimestre.

Une prison, rue de Gonnès

Cependant, telle qu'elle était, cette prison assez inconfortable, exigeant d'incessants et onéreux travaux d'entretien, devait être transformée ou même reconstruite en d'autres lieux. C'était l'opinion de M. Artigal, architecte départemental, qui, le 14 août 1840, fit connaître son opinion en ces termes :

" La prison, étant située dans le centre de la ville et entourée sur trois côtés par la voie publique, on ne peut lui donner de l'extension qu'en faisant l'acquisition des propriétés bâties et qu'en se livrant à des reconstructions considérables. On peut assurer qu'il y aurait avantage de bâtir une prison nouvelle aux abords de la ville plutôt que de faire les améliorations demandées vu la ressource qui l'on retirerait de la vente des bâtiments libérés.

Cette suggestion fut retenue et, en 1842, la construction d'une nouvelle prison était envisagée. Le lieu choisi était un terrain, en nature de pré situé à l'ouest de la ville, à l'extrémité sud de la rue de Gonnès, d'une contenance de 101 ares 13 centiares, appartenant à M. le comte Péré, et dont le prix fut fixé à 2,25 F le mètre superficiel.

Un plan fut établi. La nouvelle maison d'arrêt devait contenir 108 cellules. " Chaque cellule devait avoir un siège d'aisance, un tuyau de descente établi dans l'épaisseur du mur, conduisant la matière jusqu'au filet d'eau qui proviendra d'une déviation des eaux de l'Adour qui coule à proximité. Les hivers n'ayant que peu de jours de froid rigoureux, on réchauffera la détention au moyen de 4 poêles ordinaires.

La dépense prévue était de 190.000 F.

Est-ce par faute de ressources ou parce que les magistrats déclarèrent qu'une telle prison " était trop éloignée du centre de la ville, distante du Palais et bâtie à l'extrémité d'une rue qui ne serait jamais convenablement habitée. " Sa construction fut abandonnée.

Une prison, rue de Gonnès

Voici, me référant à des extraits de cahiers des charges de 1845, quelques renseignement relatifs à la nourriture des prisonniers. J'y relève des adjudications qui laissent supposer qu'une amélioration, certes bien légère, avait été apportée à leur alimentation. Si la ration de pain, qui était de 1 kilogramme, n'est plus que de 75 décagrammes pour les hommes et de 70 décagrammes pour les femmes, en compensation " 1 litre de bouillon, au beurre ou la graisse, avec des légumes verts ou secs, suivant la saison, sel et poivre nécessaires à l'assaisonnement leur est accordé. "

Et c'est un " tailleur d'habit ", Dominique Lacaze, qui est déclaré adjudicataire de cette fourniture pour le prix de 19 centimes la ration ; mais c'est bien un boulanger qui livre le pain à raison de 21 centimes 5/8 la quote-part.

Le mauvais état des lieux

Un projet de construction d'une nouvelle prison fut, encore une fois, mis à l'étude en 1854, puis 10 ans plus tard en 1864.

L'autorité municipale de Tarbes et la commission de surveillance faisaient ressortit l'état défectueux des bâtiments, leur insuffisance absolue et leur mauvaise disposition qui, à diverses reprises, et avec insistance, avaient fait l'objet de rapports au ministère de l'Intérieur. Il n'y fut pas donné suite, au moins dans l'immédiat.

En 1875, une nouvelle réclamation faisait savoir qu'il paraissait nécessaire et urgent de prendre en considération les projets plusieurs fois présentés.

L'état des leiux était ainsi exposé :

" Les chambres numéros 1 et 2, réservées aux hommes, sont ordinairement occupées par 12 détenus chacune alors qu'elles ne possèdent, l'une et l'autre, que 7 lits. Situées au pied de la tour de la Reine, leurs murs sont salpêtrés et humides. Les cellules, aux plafonds très bas, ont un cube d'air insuffisant. Elles ne sont pas d'ailleurs établies dans des conditions de solidité désirable. Ce sont de simples cloisons de briques de faible épaisseur et il ne faut pas être doué d'une grande force physique pour les abatttre. En outre, les croisés donnent sur la rue de la Mairie et ont souvent facilité les communications.

L'atelier unique des hommes contient au plus 20 travailleurs ; ils sont parfois 30 et 35 ; l'exédent est astreint à travailler dans la cour, à découvert.

Un seul préau, un seul dortoir sont affectés aux femmes, toutes catégories de détenues viennent s'y confondre.

Ainsi, au point de vue moral, comme au point de vue matériel, il serait à désirer qu'une nouvelle prison fût établie plus vaste, d'autant plus qu'en raison de la recrudescence de la population ouvrière qui s'est jetée à Tarbes depuis la création de l'Arsenal - on compte 6.000 âmes de plus - une augmentation du nombre de délinquants est aussi fort possible.

On apprend à lire dans la chapelle

Au cours de la réunion de la Commission de Surveillance de la prison de Tarbes du 28 juillet 1880, où étaient présents : la maire, le procureur de la République et M. Fontan, curé de Saint-Jean, M. Deville fit une proposition assez inattendue. Il préconisait la création d'une école primaire dans la dite prison. Outre l'enseignement religieux prescrit et concernant M. L'aumônier, une instruction élémentaire serait dispensée, plusieurs fois par semaine, par un instituteur, salarié par l'État laïque ou congréganiste, peu importait.

Le local proposé par M. Deville pour servir de salle de classe, était tout bonnement la chapelle de la prison. Un panneau mobile ou un rideau glissant sur une tringle cacherait l'autel.

Les prisonniers pourraient cesser le travail une ou deux heures par jour pour assister aux cours. Enfin, les femmes, elles-mêmes, renfermées dans leur quartier, pourraient profiter de l'instruction donnée grâce aux ouvertures qui communiquent avec la chapelle et, sans être en contact avec les prisonniers, elles entendraient les leçons, tout comme elles assistent aux cérémonies religieuses.

Enfin, une prison, rue Saint-Antoine

J'ai déjà signalé qu'en 1842 et 1864, on s'était préoccupé de la construction d'une prison plus importante et mieux adaptée. L'achat de terrains, proches du centre de la ville avait été examiné en 1864. Ces terrains se trouvaient rue Saint-Antoine, l'actuelle Eugène Ténot. L'administration départementale était même entrée en rapport avec les propriétaires qui, le cas échéant, s'étaient engagés à les céder au département. Ils furent acquis, en effet, à partir de l'année suivante et les actes de vente furent dressés chez Me Deville, notaire. Ces terrains représentaient une surface totale de près de 4500 centiares. Ils étaient bordés par la rue Saint-Antoine sur 58 mètres, par la rue dite de Las Vignette - rue Honoré Laporte, précédemment rue Deville - sur 83,20 m par une rue en projet - la rue Jean Larcher - sur 19,20 m, et par des propriétés particulières sur le côté opposé à la rue de Las Vignettes.

Le prix de ces terrains sera payé dès que l'administration départementale aura réalisé les ressources nécessaires ; dans cette attente, elle versera aux propriétaires un intérêt de 5% l'an. Tant que la construction des bâtiments n'est pas effectuée, elle loue les terrains, en 1871, à Pierre Lamon, jardinier, moyennant un loyer annuel de 150 F. Celui-ci y pratique la culture du tabac.

Néanmoins, on ne devait pas parvenir à la réalisation de ce projet de construction sans se heurter à quelques difficultés.

Un différend, en effet, opposait la commune de Tarbes au département au sujet de la propriété du sol et des bâtiments de la vieille prison. La ville avait bien reçu en concession, nous l'avons vu, les " mazures " et l'ancien château des comtes de Bigorre, mais depuis le 17 floréal an XI, le département exécutait toutes les réparations à ses frais. Il avait agrandi le périmètre des locaux, bâti sur des terrains achetés à des particuliers ou à la ville elle-même. C'est ainsi que le Conseil Général avait voté les divers crédits suivants :

- en 1810, 4.381 F pour améliorations ;

- en 1814, la somme de 5.000 F pour la construction d'une infirmerie et d'une apothicairerie ;

- en 1816, les 2.159,02 F pour la construction de la chapelle ;

- de 1817 à 1821, 15.000 F pour des travaux d'entretien ;

- en 1832, 32.000 F pour l'achat de terrains.

Il résulte, en tenant compte de toutes des dépenses que, depuis l'an XI, le département, a transformé, agrandi, acheté des terrains, construit et, en agissant ainsi a fait acte de maître sous les yeux de la municipalité qui n'a jamais songé à l'interrompre, à contester, à s'opposer, mettant, par sa passivité, le département en situation de bénéficiaire. Donc, en fait sinon en droit, la prison municipale était devenue prison départementale. Elle va, sans doute, prochainement, être transportée hors du centre de la ville ; la municipalité désirant faire des embellissement sur la place qui va devenir libre, la prison actuelle pourrait lui être cédée.

" Devant cette situation et ces faits dûment prouvés et établis, après délibération, le Conseil Général fait vente, cession et transports purs et simples et indivisibles en faveur de la ville de Tarbes de l'actuelle prison, ce accepté par M. Lupau, maire, moyennant le prix de 50.000 F que ledit Lupau oblige la ville de Tarbes, avec accord du Conseil municipal, le 8 août 1883, à payer au département en 5 annuités de 10.000 F sans intérêts et émet le vœu que la nouvelle prison se fasse dans le plus bref délai possible. "

Les plans déjà établis ont été modifiés et le Ministère de l'Intérieur autorise, le 4 juillet 1884, l'administration départementale à emprunter une somme de 166.000 F pour la construction de la maison d'arrêt : une partie de cet emprunt servira à l'acquisition d'un immeuble destiné à la caserne de gendarmerie de Campan.

Cependant, l'approbation définitive du projet, dont le devis s'élève à 290.000 F, ne sera signifiée qu'en novembre 1886. Une subvention de 145;000 F ast alors accordée par l'État.

D'après les plans, la nouvelle prison est ainsi constituée :


Au rez-de chaussée, deux couloirs cellulaires :

- celui des hommes ayant 39 mètres de longueur sur 5 mètres de largeur et 13,20 de hauteur.

- celui des femmes, de 14 mètres de longueur seulement ;

- un rond-point central de 61 mètres carrés sur 19 mètres de hauteur.

Au rez-de-chaussée, et à chacun des deux étages, 23 cellules pour hommes ayant chacune 4 m x 2,20 x 3,30 m.

Pour les femmes, 3 cellules au rez-de-chaussée et 7 cellules par étage de mêmes dimensions que celles des hommes.

Au rez-de-chaussée, étaient encore prévus : le greffe, deux cellules de punition, deux cellule d'attente, les parloirs, la chapelle-école, trois infirmeries, la lingerie.

Les cellules seront équipées de lits de fer se repliant sur les murs ou ayant les pieds scellés au sol, des chaises avec chaînes d'attache au mur, de " systèmes hygiénique " autrement dit de vases d'aisance.

La température qui devra régner dans ces divers locaux sera comprise entre 13 et 14 degrés : quatre calorifères y suffiront.

Les ordres de commencer les travaux n'ont été signifiés aux entrepreneurs qu'au mois de janvier 1887 ; il avait été procédé, en effet, à l'adjudication des dits travaux le 29 décembre 1886 " à deux heures de relevée dans une des salles de l'hôtel de la Préfecture. "

Les bâtiments devaient être terminés le 4 juillet 1888, ils le seront, avec un mois de retard, soit fin septembre.

Ils seront réceptionnés et reconnus bien exécutés par l'architecte, directeur des travaux, M. Larrieu, et par le représentant du Préfet, le sous-ingénieur des Ponts-et-Chaussées, M. Barthaud, le 28 février 1889.

C'est par décret du 16 juillet de la même année que la nouvelle prison de Tarbes a été reconnue comme établissement affecté au régime de l'emprisonnement individuel des détenus des deux sexes.

Le 13 août, le Ministre de l'Intérieur autorisait par dépêche l'occupation de la prison où, à partie du 1 er septembre on pouvait transférer des prisonniers.

Le 3 octobre, il était fait remise à la ville des immeubles constituant l'ancienne prison départementale de la place de la Portète, actuellement place Jean-Jaurès. Monsieur le Maire déclarait, au nom de la ville, accepter cette remise et prenait possession de l'immeuble.

Ainsi donc, dans cette rue Eugène Ténot est installée depuis le 1er septembre 1889, la seule, officielle et véritable prison qu'il soit possible d'y découvrir. Et je ne pense pas qu'il puisse se trouver actuellement le moindre plaisantin pour la dénommer, puisque rien ne le justifie, rue des Quatre-Prisons.

Maurice DARMAGNAC


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Notes

[1] Sources : Gallica.bnf.fr
Bibliothèque Nationale de France
Bulletin de la Société académique
des Hautes-Pyrénées
Archives départementales des Hautes-Pyrénées - 1968



[2]
C'est à la suite d'une délibération de la municipalité de Tarbes, en date du 18 octobre 1793,
et après visite des lieux par les citoyens Castagnet et Dubor, que l'ancien couvent des Carmes avait été retenu pour être utilisé en qualité de prison.
Il était destiné à servir de maison de réclusion de ci-devant administrateurs et fonctionnaires publics.

L'immeuble, dont une grande partie avait été reconstruite, ne demandait pas de réparations.
Le premier étage pouvait contenir de 12 à 15 lits et servir, fort convenablement, de prison.
Onze fonctionnaires en furent les premiers occupants.





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© Marie-Pierre MANET







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