L'abbatiale
commune Saint Savin
Hautes-Pyrénées
département 65
.



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Désignation de l'église
Église Notre Dame de L'Assomption

Classée Monument Historique en 1840.

XIIe - XIVe - XIXe siècle.

- Clocher octogonal en éteignoir du XVe s : tour de guet.


[1]L'abbaye de Saint-Savin de Lavedan, ordre de Saint-Benoît, doit, dit-on, son origine au saint dont elle porte le nom. Savin, des comtes de Barcelone, s'étant fait moine à St-Martin-de-Ligugé, serait venu s'établir au milieu des Pyrénées et aurait fondé le monastère qui fut doté, plus tard, par Charlemagne, selon Marca, ou par Louis le Débonnaire, selon Mabillon. Après le passage des Normands, Raymond, comte de Bigorre, releva l'abbaye que la Révolution fit disparaître.

[2] L'église abbatiale de Saint-Savin au XIIe siècle :

Dominant de sa silhouette altière les vieux toits moussus du charmant petit village auquel il a laissé son nom, l'insigne église abbatiale de Saint-Savin du Lavedan apparaît, aux yeux ravis des touristes, solidement accrochée sur une éminence à un tournant de la verdoyante vallée d'Argelès.

La patine ocrée de la vénérable construction romane, la surélévation défensive, hâtivement réalisée au XIVe siècle, l'aérienne Tour-lanterne ogivale surmontée de son curieux clocher en éteignoir, donnent aujourd'hui à cet édifice, un caractère et l'admiration des visiteurs.

 


L'abbatiale de la commune de Saint Savin.

Cet aspect actuel de l'église abbatiale de Saint-Savin est le résultat de transformations et d'ajouts réalisés au cours des siècles, et on peut se demander quel était l'aspect primitif de cet édifice, au XIIe siècle, à l'époque où il a été construit, pour mettre à l'honneur les reliques du Saint Ermite du Lavedan, dont le tombeau était la raison d'être.

La surélévation hâtive du XIVe siècle, la Tour-lanterne qui en a été la conséquence, sont des ajouts. À l'origine, la couverture était réalisée en dalles de schistes fixées directement sur l'extrade des voûtes romanes, tant sur la nef centrale que sur l'abside principale et les deux absidioles latérales. On peut alors se demander où était le clocher, et comment était réalisée la couverture de la croisée de la nef et du transept. L'étude approfondie du monument permet de répondre à ces questions avec quelque vraisemblance.

 

L'épaisseur inusitée du mur de la façade ou subsiste encore, en dépit des reconstructions, le beau portail roman avec son tympan mutilé du Christ prêtre, la présence, dans l'épaisseur du mur, d'un escalier tournant, aujourd'hui condamné permettent d'envisager là un clocher-pignon comme celui des charmantes petites églises pyrénéennes voisines de Castère, d'Adast ou de Sère.

Cette hypothèse se trouve d'ailleurs confirmée par l'un des tableaux relatant la vie du Saint où, en dépit des fioritures et des transpositions courantes au XVe siècle, on retrouve précisément dans la repréentation de la façade de l'église abbatiale, la disposition du clocher-pignon qui résulte de nos études faites sur le monument même. La surélévation hâtive du XIVe siècle a compromis cette disposition, comme elle a obturé les petites ouvertures romanes qui, à la croisée de la nef et du transept et au-dessus de l'extrados des voûtes, donnaient un peu de lumière à cet endroit, où nous savons qu'était alors le tombeau du Saint.

À la période romane, il est logique d'envisager à la croisée de la nef et du transept, une sombre et lourde calotte romane reposant sur les trompes, disposition classique permettant de passer du plan carré au plan octogonal ou circulaire.


Le porche de l'abbatiale de Saint Savin
A gauche du portail, en bas, ouverture en demie-lune : fenêtre des cagots
.

 

Le bénitier des cagots de l'église de Saint-Savin.[3]

 


Le porche de l'abbatiale de Saint Savin.

Cette calote a-t-elle vraiment existé ?

Aucun texte connu ne nous permet d'affirmer, si son existence, ni sa démolition à l'époque de l'édification très postérieure de la Tour-lanterne ogivale. Sa construction avait-elle été ajournée à l'époque, faute de ressources ? Et une couverture provisoire avait-elle été réalisée dans l'attente de sa construction?

En l'état actuel de la question, il serait téméraire de répondre affirmativement à une telle question, et on ne peut que supposer qu'elle était, sinon réalisée, du moins logiquement projetée dans les intentions du maître de l'œuvre du XIIe siècle.

Quoiqu'il en soit, la surélévation hâtive du XIVe siècle, destinée à réaliser, au-dessus des voûtes, une place d'armes propre à la défense et au refuge, a eu comme conséquence, nous l'avons dit, de boucher définitivement les petites ouvertures romanes qui, entre les trompes, donnaient à cette partie une lumière parcimonieuse.

 

Le Maître d'œuvre du XIVe siècle s'est trouvé, de ce fait, devant un problème difficile qu'il a solutionné avec autant de logique que de bonheur.

Pour assurer la lumière dans cette partie centrale devenue obscure, il a réalisé, au-dessus des trompes romanes, cette aérienne Tour-lanterne qui apporte à cet endroit, que les Romans avaient envisagé sombre et plein de mystère, une trouée inattendue de lumière.

Tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, cette surélévation s'est réalisée heureusement et sans à-coup, et on peut supposer, avec vraisemblance, que cette disposition, particulièrement réussie à Saint-Savin, a servi de modèle à celle réalisée, par la suite, à la Cathédrale de la Sède à Tarbes.

La Tour-lanterne a été surmontée de cette étrange voûte ogivale à nervures qui, à plus de vingt mètres de hauteur, couronnait le Maître-autel, tombeau du Saint, comme un gigantesque ombrelline.

Pour remplacer le clocher-pignon, définitivement compromis, le Maître d'œuvre surmonte la Tour-lanterne d'un véritable clocher, et la Voix des cloches pourra, désormais, non seulement appeler à l'office les fidèles de toute la vallée, mais encore les prévenir utilement en cas d'alerte.

Enfin, au-dessus de ce belvédère, dominant toute la vallée, la Maître d'œuvre réalisera une Tour-de-guet et voilà qui justifie de curieux clocher en éteignoir, portant à trente-sept mètres de hauteur la Croix qui affirmait, qu'immédiatement au dessous le Saint-Sacrifice de la messe se renouvelait.


Clocher gothique en éteignoir ayant la forme octogonale
du XVe siècle
.

En 1789, L'Assemblée Constituante s'emparait des biens de l'Église, notamment de l'abbaye de Saint-Savin.

Et, en 1790, en vertu des décrets de cette Assemblée, la municipalité de Saint-Savin entreprend l'inventaire du couvent, où ne résidaient plus, à cette époque que trois moines.

Toutefois, le 12 février 1792, les habitants de Saint-Savin, réunis en assemblée générale eurent l'heureuse idée de demander à l'Assemblée du département : que l'Église abbatiale fut distraite de la vente des biens nationaux, pour devenir église paroissiale en remplacement de l'ancienne église du village qui tombait en ruines. La demande fut agréée, et c'est grâce à cette heureuse circonstance que la belle église romane de Saint-Savin, qui est parvenue jusqu'à nous, a échappé de justesse au pic des démolisseurs.

Les bâtiments conventionnels, bien qu'abandonnés, étaient restés intacts. En 1793, le couvent de Saint-Savin, devenu bien national fut, provisoirement transformé en hôpital militaire.

Mais les soldats hospitalisés ou convalescents, désœuvrés et intrigués de constater qu'un local du rez-de-chaussée était soigneusement verrouillé, s'imaginèrent qu'il devait renfermer soit de précieux trésors à monnayer, soit des réserves de vivres à exploiter, firent, au premier étage, un trou dans le plancher et pénétrèrent dans une vaste salle qui n'était que la bibliothèque de l'abbaye, et que déçus, ils saccagèrent stupidement.

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Aujourd'hui paroissiale, l'église de Saint-Savin a fait partie jusqu'à la Révolution d'un monastère bénédiction. Elle fut fondée au XIIe siècle et surélevée au XIVe siècle. Seules la salle capitulaire et l'abbatiale subsiste.








 

Notes

[1] Source : Gallica.bnf.fr
Bibliothèque Nationale de France
Séminaires du diocèce de Tarbes
Par l'Abbé Cazauran - 1895.
Notes

[2] Source : Gallica.bnf.fr
Bibliothèque Nationale de France
Bulletin de la Société Académique
des Hautes-Pyrénées.
Société Académique
des Hautes-Pyrénées - 1913.
Notes

[3] Sources : Gallica.bnf.fr
Bibliothèque Nationale de France
Les Pyrénées françaises
Lourdes, Argelès, Cauterets, Luz, St Sauveur, Barèges
Paul Perret (1830-1904)



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© Marie-Pierre MANET









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