Les routiers pyrénéens
Hautes-Pyrénées
département 65.

(Archives Départementales des Hautes-Pyrénées)



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Les troubles commencèrent donc avec les guerres d'Espagne : ce sont elles qui appelèrent les routiers dans le piémont. Ayant réuni les Compagnies, le Prince Noir : "...les envoia logier en une marce que on appelle Bascle, entre les montagnes...et toutes leurs gens espers environ et sus le pays et à l'entrée desports et du passage de Navarre".

Et loin d'en débarrasser le pays, les expéditions d'Espagne ont assuré la "projection" des routiers dans tout le piémont. Ce fut d'abord Don Henri de Trastamare, le vaincu de Najara : "...qui estoit en Bigorres et avoir pris la ville de Baniers et guerrioit durement son pays (du Prince Noir)".

Puis, le Prince Noir, retour d'Espagne désargenté et malade, qui dut accepter le séjour en Gascogne des Compagnies : "...qui ne se poioent toutdis de malfaire". Ce sont, à nouveau, les Espagnols qui, en 1374, vinrent ravager le pays de l'Adour ; ayant suivi le roi de Castille, le reliquat des bandes de Du Guesclin : "...avoient sus le païs conquis grant fusion de castiaux et de petit fors ; se si boutèrent ens".

L'analyse de Froissart montre clairement que contrairement à la thèse traditionnelle les guerres d'Espagne n'ont pas apporté la solution définitive à la question des routiers. A partir de 1362, le piémont devint une zone doublement frontière : à la fois entre le royaume de France et la Principauté d'Aquitaine, mais encore entre les deux puissances et les royaumes hispaniques. Ainsi les guerres d'Espagne assurèrent-elles la dispersion et l'implantation des routiers dans des régions jusque là peu touchées. Aux guerres d'Espagne, division du grand conflit continental, il faut ajouter les guerres privées qui attirèrent, elles aussi, les routiers dans le piémont.

Ces diverses causes eurent pour conséquence la formation d'un certain nombre "d'abcès de fixation". Les Pyrénéens n'avaient jamais été absents des Compagnies : déjà en 1355, des Béarnais avaient accompagné le Prince Noir dans sa chevauchée ; en 1363, Arnould d'Audrehem remettait à la justice de Jean Fabri, évêque de Carcassonne : Guillaume Arnaud de Mauléon, Guilhem et Bernard de Laborde et Bernard de Jussan des Commingeois.

Après 1366, l'affaiblissement de la puissance anglaise et l'impuissance française permirent aux aventuriers du piémont de s'engager sur place. Les Béarnais, en particulier, fournirent de garnisaires les divers repères de routiers. L'originalité profonde de ces routiers pyrénéens allait être de chercher à s'installer à demeure, attitude lourde de conséquences, en particulier dans le domaine économique ? Notre propos n'étant pas d'étudier l'histoire militaire des routiers, nous signalerons simplement la localisation de ces "abcès de fixation" qui devaient assurer aux routiers pérennité et impunité.




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© Marie-Pierre MANET








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