La monographie locale

de Vidouze.
De R.ANCELY

(© ADHP - A 303)


(Monographie offerte par M. Alain Eymard)




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La vie religieuse :

Nous avons vu que, sous l'ancien régime, la communauté de Vidouze a fait partie de la Rivière-Basse et a été principalement rattachée au Comté d'Armagnac. Il n'en était pas de même au point de vue ecclésiastique. En 1342 et en vertu d'une décision de Pierre, Raymond de Monterun, Évêque de Tarbes, Vidouze faisait partie de l'Archiprêtré de Caixon compris dans le Montanerez qui constituait le cinquième archidiacomé du diocèce.

D'après M. l'Abbé Marseilion, auteur de l'Histoire de Montanerez, auquel nous empruntons des renseignements, la cure de Vidouze était à la présentation de l'Abbé de Tasque qui possédait toute la dîme. Le curé était à la portion congrue. Il y avait un presbytère et un vicaire à qui l'Abbé de Tasque donnait volontiers 250 livres. Il y avait aussi deux prébondes possédées par des curés étrangers. (L'Abbé Marseilion va plus loin et affirme que le Roi et l'Abbé de Tasque étaient seigneurs de Vidouze).

Dans ses glanages (tome III P. 252 - 258) Larcher indique :

"Vidouze Sanctus Jacobus de Vidosa, Patrons : les Barnabites de Lescar - 13 Mai 1544 - Jean Fontanhera, curé".

Cette note paraît inexacte sur un point. Les Barnabites de Lescar n'ont aucun droit sur la communauté et la cure de Vidouze, ou tout au moins, ils ne l'exercent pas. Dans l'état des paroisses de 1783, déjà cité, le curé dit, en effet, que le droit de patronage est disputé entre les Barnabites et l'Évêque et que la question n'a jamais été jugée. En 1788 le curé est nommé sur résignation de son prédécesseur, après provisions accordées par le Pape et visa l'Évêque (acte Lamothe - notaire à Vidouze - du 28 Février 1788). Les Barnabites possèdent, en tous cas, un domaine, une chapelle et une commanderie dont nous parlerons à propos de la chapelle Notre-Dame. Par contre, il n'est pas douteux, ainsi que l'affirme Larcher, que la commune et l'église sont placés sous le patronage du grand saint dont une des routes de pélerinage passait sur leur terrritoire. Nous apprenons aussi le nom du premier curé de Vidouze : Jean Fontanhera qui probablement est un autochtone, dont nous retrouverons la famille dans un autre paragraphe.

Si au XIX e siècle, il est exact que l'Abbé de Tasque avait le droit de présentation à la cure et la dîme, tous les documents postérieurs donnent d'autres indications. Dans l'état des paroisses de 1783, le curé indique qu'il y a six dîmes et que les bénéficiaires en sont : le chapitre de Tarbes, l'archidiacre de Tarbes, les pères Barnabites de Lescar, l'Abbé de Larreule, les religieux de Saint-Lézer, enfin le curé. Il déclare que la cure peut valoir 50 livres d'or sur lesquelles il faut payer le vicaire.

Dans les minutes notariales du XVIII e siècle, on trouve de nombreux actes de baux de ferme de certaines de ces dîmes. C'est ainsi que M. Betouzet, curé de Vidouze, cède ses droits pour les quartiers Moulonguet et Rombertes moyennant 550 livres par an et dans les quartiers Lacoume et Pourtau-Dessus moyennant 800 livres (actes lamothe - notaire - Vivouze - des 12 et 20 Mai 1770). La cathédrale de Tarbes, par l'intermédiaire de Bertrand Dantin, chanoine et ouvrier mage prend pour fermier Jean Depierris de Vidouze (Note Carde - notaire - Vivouze - le 16 Juin 1737)

L'état des paroisses de 1782 donne des détails intéressants sur l'excercice ou culte dans la commune. Il y a, dit le curé, un presbytère en bon état et un jardin ; la cure comprend un vicaire logé à portée de l'église. Les cérémonies du culte comprennent le dimanche une messe matinale dite par le vicaire et la grand'messe avec bénédiction et aspertion de l'eau. Il y a quatre ou cinq processions dans l'année autour de l'église ; après Saint-Marc, elles vont jusqu'au bout du cinetière. Lors des orages, on met les cloches à la volée et si l'orage est menaçant le prêtre se rend à l'église pour les exorcismes prescrits. Le caractère et les mœurs de la paroisse sont bons et le plus grand nombre des habitants sont de bons chrétiens. On compte au moins 500 communions. Il existe une ancienne confrérie du Saint-Sacrement. Les confréries sont obligés d'accompagner la Saint-Sacrement et doivent dire le chapelet à la mort de chaque confrère.

Au moment de la Révolution, un Évêque constitutionnel est nommé dans le département ; Jean-Guillaume Molinier. Le curé de Vidouze est Vital Baqué depuis l'an 1788. Il reste en fonctions jusqu'à l'an XII ce qui laisse supposer qu'il a prêté serment. Y-a-t-il eu des craintes sur sa situation ? Le fait est que dans le courant de l'an VII il vend tous ses immeubles, meubles et bestiaux à son neveu (Actes Lamothe - notaire - Vidouze- des 15 ventose et 16 floréal an VI F 194 et 516)




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Entraide apportée par :
- M. Alain Eymard
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© Marie-Pierre MANET







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