Gaston et Mate n'eurent que quatre filles :
Constance fut mariée en 1260 avec Alphonse,
aîné de Jacques, premier
roi d'Aragon. Il mourut après sans enfant. On proposa,
en 1265, ensuite, de la marier avec Henry, frère de
Thibaut, roi de Navarre,
comte Palatin de Champagne ; il est convenu qu'on
consulterait en dit à Constance les vicomtes de Gavamet
et de Brulhois, et la terre
que Gaston avait nouvellement acquise dans le comté de
Bigorre, savoir, Maubourguet, Castelnau, Sauveterre, Auriebat, la Devese
et toutes leurs appartenances et la position qu'il avait au
château de Roquefort de Marsan. Ce mariage ne réussit pas.
Elle fut accordée avec
Henry, fils aîné de Richard, comte de Cornouailles,
frère d'Henri III, roi d'Angleterre, Richard fut élu roi
de Germanie à la fin de 1256.
Le contrat de mariage d'Henry fut passé à Londres,
le jour de l'octave de la chandeleur, le 9 février 1266. On parla, cependant,
de la marier avec le fils du roi de Castille, et envoya, pour
cet effet, en Espagne, Bernard d'Osca, abbé de l'Escaladieu,
et Arnauri di Narbonne,
mais le Pape ne voulut point accorder les dispenses nécessaires.
Cela fit renouer le mariage d'Angleterre et le mercredi après
l'octave des Matins d'hivers, dans la ville
de Mont de Marsan, en 1268, présent, Thomas d'Ypergrave, chevalier,
sénéchal de Gascogne, Pierre, évêque
d'Aire, Raymond, évêque
de Bigorre, Géraud, évêque de Lescoure,
Compaing, évêque d'Oloron, Esquivat, comte de Bigorre, Géraud, comte
d'Armagnac, Pierre, vicomte de Tartos, Jean de Greily, Garsie Arnaud
de Navailles, Bernard Defourase, et de plusieurs
autres chevaliers. Elle était en Angleterre
en 1269 et 1270. Son mari fut assassiné par Gui de Montfort,
dans l'église de St Laurent de Vitesbe, en 1271.
Mate, femme de Gaston de Béarn, fit testament en 1270 et
Constance, sa fille, en 1310.
Géraud de Laur, chevalier, fut envoyé
à Orthez par Edouard,
roi d'Angleterre, pour saisir les biens de
Gaston de Béarn qui refusait de se joindre à
lui pour la guerre de Gascogne en 1273.
Les pairs, autrefois, n'étaient assignés que par les pairs, et les
barons pour faire de leurs baronnies que devant quatre
chevaliers, comme l'on apprend des
anciens registres du parlement.
Arnaud de Doaron, chevalier, Raymond de Barsun et Raymond d'Arros,
damoiseaux, étaient à
Pâques 1286 présents à la disposition de Gaston
de Béarn dans la cour plénière, en faveur de la comtesse de Foix.
On voit au trésor de Pau, la donation faite par Constance à Marguerite,
sa sœur, en présence de son père, de tout le comté
de Bigorre, avec ses dépendances, excepté
la terre de Rivière, sous la réserve de l'usufruit.
Elle voulut que lorsqu'elle
serait rétablie en la possession du comté de Bigorre,
elle jouirait, sa vie durant, des lieux
de la Réole, de Bayloys, de Vic, d'Isareix,
d'Adé, d'Odos, Ivos et de Juilhan,
avec toutes leurs rentes, excepté la justice
de rang, les droits d'ost et de
chevauchée ; et que le comte de Foix rendrait
hommage au roi d'Angleterre pour Bigorre ;
et sa femme et lui, promettant d'observer le
testament de la comtesse Pétronille
et ferait décharger, Constance, du serment qu'elle avait fait
aux barons, chevaliers et autres habitants
de Bigorre. Cela fut fait à Morlas,
en Cour plénière, le 6 du mois de mai 1286.
Gaston, par son testament, légua cinquante
sols à l'église cathédrale de Tarbes, vingt sols à
l'abbaye du monastère de St Sever pour un anniversaire sur les rentes
du château et terre de Montaner ; 50 sols à St Pé
sur les rentes d'Asso ; 20 sols sur le péage de la castelle ;
10 sols à l'Espital de Petrapectorata, qui est
Peccorade, diocèce d'Aire. Il mourut le 26 avril 1290.
Le registre des jacobins de Bordeaux marque
les fondations des couvents de la province
d'Aquitaine et de Languedoc. Il faut y demander la fondation
du couvent de Bagnères.
Lors du mariage de Gui, fils de Simon,
comte de Montfort, avec Pétronille,
comtesse de Bigorre, Simon fut absolu dans le
comté, réservé le château
de Lourdes qu'on refusa de lui rendre.
Le vicomte de Castelbon était l'ancien vicomte de Cerdagne.
Roger, comte de Foix, fut père d'Agnès,
femme d'Esquivat, comte de Bigorre
par son testament : il légua à sa fille,
Agnès, 7000 sols melgorrais qu'Esquivat lui
devait sous l'obligation et engagement du
château de Mauvezin qu'il lui quitte
déchargé de cette dette. Philippe,
soeur d'Agnès, fut femme d'Arnaud d'Espagne,
vicomte de Conterans ; Sibille, fille de
Roger de Commenge, son autre sœur
épousa Poneri Villemour de Narbonne ;
Esclarmonde fut mariée avec Jacques d'Aragon,
roi de Majorque ; et, toutes quatre étaient
filles de Brunisende, fille de Raimond
Folch, vicomte de Cardone.
La ville de Mont de Marsan était assiégée
au 25 juillet 1295 par le comte de Valois et
par Raoul de Clermont de Nasse, connétable de France.
St Sever fut pris par les anglais en 1296,
repris par les français qui en furent chassés
par les anglais dans la même année.
Mathe, fille de Roger-Bernard,
comte de Foix, et de Marguerite de Béarn, fut mariée vers
1300 avec Bernard, comte d'Astarac.
Esquivat, comte de Bigorre, écrivit
au commencement de 1256, à Simon, comte de
licestre, Soryle, nom d'Arnaud, évêque de
Tarbes, d'Esquivat, comte de Bigorre,
de Jordain, son frère, neveu de Simon de la
cour de Bigorre et des bourgeois de Tarbes
qui représentent, que Gaston de Béarn ne voulant
se déporter de sa persécution accoutumée,
tâchait par toutes voies de priver ces comtes
de leur héritage et de ruiner à guerre ouverte
les bourgeois de Tarbes et les
gentilshommes et bourgades de leur partie ; qu'il
avait pris la ville de Castelnau de Rivière,
contraint tout ce quartier de lui
rendre hommage et présentait d'assiéger Esquivat
et Jordain avec les gens de guerre, que lui
menait le fils du roi d'Aragon et
avec le secours de Géraud, comte d'Armagnac et
d'autres barons et cavaliers de gascogne qui
favorisaient la porte de Gaston, le
comte de Foix, l'était aussi déclaré ouvertement
pour lui. Des osts qu'ils étaient tellement réduites
à l'étroit par les troupes de Gaston, qu'ils
n'osaient sortir des châteaux où ils s'étaient
retirés, quoi qu'ils fussent prêts de lui faire
raison par le jugement des cours de Bigorre et de
Béarn pour avoir la paix sans aucun délais,
ou bien par devant le sénéchal de Gascogne ou le roi
d'Angleterre, ou même par devant le roi de France
ou le comte de Toulouse par forme de compromis ou de jugement,
mais que la confiance qu'il avait en ses forces
le portait à refuser toutes ces ouvertures. C'est
pourquoi, ne pouvant résister à ces efforts,
le suppliait, le vicomte Simon, qui était leur
unique refuge après Dieu, de leur donner secours en
cette extrémité où ils se trouvent réduits, et leur
témoigner les efforts de la bonne volonté
qu'il leur a portée depuis leur
tendre jeunesse ; autrement, ils seront contraints de
quitter la Gascogne ; et d'autant que le comte Simon
serait obligé de faire de grands frais
pour la levée des troupes, ils lui délivreront le
comté de Bigorre avec l'avis de l'évêque et de la cour du pays,
ou la terre de Chabanois pour la posséder jusqu'à ce
qu'il serait entièrement remboursé de ses frais à sa discrétion.
Nota : Cette lettre est dans les "Chartres de France"
et publiée en latin par Mr Galland en son traité
de France, aux pages 154 et 155.
[Histoire en Bigorre.]
1 e Constance qui suit.
2 e Marguerite, mariée au Roger Bernard, comte de Foix.
3 e Mate, qui fut femme de Géraud, comte d'Armagnac.
4 e Guillomette, qui épousa Pierre, infant d'Aragon.
[Sommaire]
de la Bigorre devenue Hautes-Pyrénées
département 65.
©.Marie-Pierre MANET