La destinée de Gaston Fébus.
(Archives Départementales des Hautes-Pyrénées)



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Résumer la destinée de Gaston Fébus, l'un des princes les plus célèbres de l'Occident pendant la deuxième moitié du XIV e siècle, pourrait se faire sous la forme d'un diptyque, d'un tableau à deux volets forts contrastés. L'un aux couleurs vives et gaies, glorifierait la réussite du seigneur de Béarn : l'excellent administrateur, le fin diplomate, le chevalier valeureux, le grand écrivain protecteur des lettres, le chasseur émérite, bref l'un des seigneurs les plus doués et les plus fastueux de son temps, tableau en accord avec la brillante description faite par Froissart et de la vie à la cour d'Orthez. L'autre volet devrait être peint d'une tout autre palette ; il faut des couleurs très sombres, un sens dramatique aigu, pour évoquer l'administrateur inflexible aux moindre fautes d'autrui et surtout l'échec total de la vie familiale du Comte de Foix, échec qui le conduisit d'abord à rompre avec sa femme, Agnès de Navarre, puis dans un accès de colère terrible - la seule fois dans sa vie où il ne garda pas le contrôle de lui-même - à poignarder son fils qui s'était laissé entraîner dans un complot dirigé par Charles II, roi de Navarre - le frère d'Agnès - complot au cours duquel le prince héritier de Foix-Béarn tenta d'empoisonner son père.

Froissart qui avait entrepris, pendant l'hiver 1388-1389, le lointain voyage d'Orthez, attiré par la renommée du Comte de Foix, avait été escorté pendant une partie de son périple par un compagnon de Fébus, Espan de Lion. Froissart recueillit tous les récits de ce chevalier de fortune qui avait le souci de défendre la gloire de son maître et la malice de faire croire à un chanoine venu du Nord de belles histoires méridionales. Ce récit fait partie d'un des épisodes les plus remarquables sur le plan littéraire des Chroniques et conduit au récit fameux de la mort du jeune Gaston de Foix-Béarn.

Les Archives de Navarre, à Pampelune, gardent trace de toutes les difficultés financières qu'eut Agnès de Navarre pendant son long exil dans le royaume de son frère. Les questions financières étaient toujours source de procès, ces quittances s'accompagnent d'enquêtes parfois détaillées qui lèvent un coin du voile. A côté de la fresque brillante - en une grande partie mensongère - rapportée par Froissart d'après Espan de Lion, c'est en quelque sorte l'histoire juridique du couple, dans toute sa sécheresse, à travers de sordides questions d'argent qui livrent les "Comptos de Navarra". Ces deux catégories de documents sont les principales mais il existe d'autres textes isolés. Il est possible de déterminer un certain nombre de périodes dans l'histoire du couple :

- 1349 à 1361 époque de la vie commune.

- 1362 rupture et répudiation définitive aggravé par la mort du fils unique. Ce fut pour Agnès un interminable exil jusqu'à la mort de son mari survenue en 1391 ;

- devenue veuve, elle refusa de franchir, à nouveau, les Pyrénées et demeura en Navarre jusqu'à sa mort, au début de 1397.




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© Marie-Pierre MANET








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