La destinée de Gaston Fébus.
(Archives Départementales des Hautes-Pyrénées)



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La mort de Gaston III avait tiré, pour quelques temps, Agnès de l'obscurité relative dans laquelle elle vivait. Elle n'en cessa pas pour autant de jouer son rôle devenu traditionnel, de vieille tante douairière, veillant sur les jeunes infantes. Elle continuait à vivre à Pampelune, Estella, Olite et ne pas avoir joui d'une aisance supérieure grâce à ses arrangements financiers avec Mathieu de Castelbon, arrangements dont le principal bénéficiaire semble avoir été Charles III. Ce dernier continuait de lui verser sa pension annuelle en grande partie assise sur les impôts particuliers payés par les communautés juives de Navarre, en ajoutant des gratifications sous forme de paiement d'achats de draps anglais ou flamands ou de fourrures. Les "Comptos" fourmillent encore pour les années 1392-1396 de quittances concernant la consommation de blé de l'hôtel de la Comtesse de Foix qui reçut une nouvelle dame de compagnie, Guérande, femme de Jean Amaury, et trois autres servantes dont l'une d'elle s'appelait Béarnaise. Le dernier paiement par Charles III d'une commande draps anglais faite par Agnès est du 13 janvier 1397. L'acte suivant est relatif au décès de la Comtesse de Foix : l'achat de vêtement de deuil pour habiller le roi, ses enfants, pour les obsèques d'Agnès. Ce texte est daté du 7 février 1397 et l'on peut en déduire qu'Agnès est morte dans la deuxième quinzaine de janvier 1397. Charles III régla encore quelques menues dépenses consécutives à ses obsèques. Il avait hérité de tout ce que possédait Agnès ce qui lui permit, en avril 1397, de concéder 1.000 livres tournois de terres à son frère Pierre, terres qui lui venaient d'Agnès.

L'histoire de Gaston Fébus et d'Agnès de Navarre est donc celle d'un couple constitué pour des raisons politiques et dont l'échec fut total. Un tel échec n'est pas exceptionnel dans cette seconde moitié du XIV e siècle marquée du sceau des désordres politiques les plus violents et des ravages des épidémies de peste. Bien d'autres princesses de la Péninsule ibérique eurent un destin aussi malheureux souvent plus malheureux. Au XIV e siècle, presque tous les rois de la Péninsule ibérique eurent de nombreux bâtards, ce qui était considéré comme normal dans des régions ou "la baragania" (coutume ancienne permettant à l'homme d'introduire sous son toit une seconde épouse dont les enfants avaient les mêmes droits que ceux de l'épouse légitime) restait une pratique solidement enracinée dans les mœurs. De tous ces destins, le plus lamentable fut celui de la jeune Blanche de Bourbon, fille du Duc de Bourbon et d'Isabelle de Valois. Elle avait épousé le 03 juin 1353, à Valladolid, Pierre I er, surnommé plus tard, le Cruel roi de Castille. Dès le surlendemain, Pierre I er abandonnait son épouse pour rejoindre Maria de Padilla avec laquelle il n'avait rompu, provisoirement, que peu avant. Désormais, ce fut un long calvaire pour la jeune Blanche, transférée de prison en prison jusqu'à celle du château de Médina-Sidonia, en Andalousie, où, en 1361, après huit ans de captivité, elle fut assassinée sur l'ordre de son mari. Devenue reine de Castille à dix-huit ans, Blanche de Bourbon disparaissait dans des circonstances atroces et sordides à l'âge de vingt cinq ans. C'est à dire que la deuxième moitié du XIV e siècle, le sort des reines et des princesses ne fut pas toujours enviable.




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© Marie-Pierre MANET








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