La destinée de Gaston Fébus.
(Archives Départementales des Hautes-Pyrénées)



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La première tentative de rapprochement fut faite par la papauté. Le 20/12/1364, Urbain V écrivit une lettre à Gaston III. Il l'invita, au nom de la morale chrétienne, à reprendre sa femme, après avoir évoqué de façon exacte les causes de la répudiation : "Nous avons appris, avec déplaisir que depuis un temps déjà long, vous avez renvoyé auprès de son frère, le roi de Navarre, votre épouse, sous le prétexte que la dot qui vous avait été promise pour elle, n'a été que très petitement assignée." Fébus, qui ne se souciait guère de l'autorité pontificale, continua à faire la sourde oreille.

Une deuxième tentative beaucoup plus sérieuse fut entreprise par Aliénor de Comminges. La mère de Fébus était responsable de ce mariage dont l'échec lui pesait. Ce sont les déclarations d'Agnès en 1391, confirmées par plusieurs témoins, qui nous éclairent le mieux sur cet épisode. Aliénor s'assura le concours, probablement en 1368, de la reine de Navarre, Jeanne de France, fille de Jean le Bon et lui demanda d'obtenir de Charles II le paiement intégral de la dot d'Agnès. Nous savons qu'Aniénor a été la seule personne que Fébus ait vraiment aimée et respectée durant toute sa vie : il ne pouvait lui refuser de reprendre Agnès à partir du moment où les conditions posées par lui-même, pour son retour étaient remplies. Les négociations semblent avoir été menées presque à leur terme. Effectivement, les trésoriers de Navarre commencèrent à lever une imposition exceptionnelle afin de payer la dot d'Agnès.

Le décès d'Aliénor, entre la fin de 1368 et le début de 1369 fit tout avorter. Gaston III profita de la circonstance pour accroître ses exigences - il réclama probablement le paiement des intérêts des sommes dues - pour revenir sur les conditions arrêtées. Ceci démontre qu'il n'avait jamais eu l'intention de reprendre son épouse. En 1373, le pape Grégoire X envoya un ponce à Orthez, l'évêque de Sarlat, pour exhorter le Comte de Foix à reprendre sa femme, ce fut en vain.

Dès 1370 - 1371, la Cour de Navarre n'avait plus aucune illusion sur le sort d'Agnès. La meilleure preuve est fournie par deux documents de la série des "Comptos", le 30 avril 1370, la Reine Jeanne de Navarre décide d'utiliser 3.000 livres sur l'argent accueilli pour payer la dot d'Agnès afin de lui acheter une seconde couronne d'or garnie de perles et de pierres précieuses, couronne qui devait remplacer celle reçue au moment des noces et laissée à Orthez. Pour Charles II, au lieu de se contenter de verser des secours temporaires à sa sœur, décida de lui allouer une pension annuelle de 400 florins "afin de lui permettre de soutenir dignement son état".

A partir de 1372, les documents qui permettent de suivre les grandes étapes de la vie d'Agnès abondent. Ses déplacements sont fréquents mais se limitent à un secteur géographique très restreint, autour de Pampelune ; Olite où elle réside souvent au château royal; Tudèle, plus rarement; Estella et Sangüessa. En 1376, elle dispose de son hôtel particulier distinct de l'hôtel royal. Nombreuses sont les quittances nous apprenant la quantité de farine, d'huile consommée par les cuisiniers de la Comtesse de Foix, l'avoine donnée à ses chevaux. Un clerc, Simonet de Besenville, est alors chargé de l'administration de "cet hôtel de la Comtesse de Foix" qui comprend un écuyer, Guilhem-Arnaud de Sault, quelques Béarnais restés fidèles à sa maîtresse dans le malheur, un palefrenier, Guiot de Bourgogne. Plusieurs de ces documents sont revêtus du sceau d'Agnès de Navarre.

Pendant son exil, Agnès eut la joie de revoir son fils. Il vint une première fois en 1375, alors âgé de treize ans. Nous ne savons malheureusement rien des réactions de la mère retrouvant un jeune homme, alors qu'elle avait quitté un tout petit enfant de trois ou quatre mois. Le prince Gaston, était accompagné par son précepteur, l'évêque de Lescar, Odon de Mendousse. Il revint, à nouveau, en 1378, pour la dernière fois. Il est manifeste que ce furent pendant ces courts séjours en Navarre que furent esquissés les premiers projets d'un complot, dirigé par l'évêque de Lescar pour renverser Fébus dont la noblesse béarnaise n'appréciait pas l'autoritarisme. Puis ce fut la tentative manquée d'empoisonnement de Fébus par le prince héritier et, en aôut 1380, la mort de ce dernier, frappé d'un coup de poignard par son père, hors de lui. Une fois encore, Agnès vivait en plein drame sans que nous puissions disposer du moindre document nous informant de ses sentiments.




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© Marie-Pierre MANET








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