La destinée de Gaston Fébus.
(Archives Départementales des Hautes-Pyrénées)



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Désormais, Agnès se consacre à l'éducation de ses nièces, les infantes de Navarre. Les quittances parlent de "l'hôtel de la Comtesse de Foix et des infantes". Elle joue le rôle d'une tante douairière d'autant plus respectée que ses malheurs sont tristement célèbres. Charles II avait porté sa pension annuelle de 400 à 1000 florins tout en prenant à sa charge tous les vivres nécessaires à son "hôtel". C'était, quand même, un train modeste pour la femme d'un des princes les plus riches d'Occident. Aussi, Charles II était-il tenu de l'aider encore autrement, en payant les commandes de draperies de Bristol qu'Agnès appréciait tout particulièrement.

La mort de Charles II ne changea point sa situation. Le 15 Janvier 1385, le nouveau roi de Navarre, Charles III, informa les auditeurs de sa Chambre des Comptes, des dispositions prises pour assurer la vie d'Agnès : il lui accorda une pension de 5000 livres ainsi que 400 mesures de blé et 200 d'avoine prélevées sur les réserves royales. C'était peu de choses comparé aux 18.000 livres de rentes annuelles accordées par Charles III à sa femme. Dans l'entourage d'Agnès, on retrouve alors le fidèle Guilhem-Arnaut de Sault, un nommé Simon de Cort, son nouveau maître d'hôtel, son confesseur Frère Guilhem et un gouverneur, Giles, abbé de Saint-Martin. Eut-elle l'occasion de recevoir les Béarnais qui vivaient exilés en Navarre - l'évêque de Lescar, Odon de Mendousse à leur tête - depuis le complot contre Fébus ? Les textes ne livrent aucune indication à ce sujet.

Cette vie qui semble avoir été relativement monotone, fut traversée par une multitude de péripétie. Le 1 er août 1391, Gaston Fébus mourait brusquement et la nouvelle fut très rapidement connue à Pampelune. Comme Fébus ne laissait aucun héritier légitime, malgré sa préférence marquée pour son fils bâtard Yvain, qui était venu en Navarre en 1387, il n'avait pu lui laisser sa succession - des contestations s'élevèrent. Le Roi de France, Charles VI, pouvait invoquer un traité conclu à Toulouse par lequel le Comte de Foix lui avait promis ses États ; Mathieu de Foix - Castelbon, fils d'un cousin germains du défunt réclamait également cette succession comme parent légitime le plus proche. Si Agnès n'avait aucun droit sur le Foix-Béarn, elle pouvait, par contre, présenter des réclamations justifiées en matière financières. Même si elle n'en avait pas eu l'idée, son entourage y aurait pensé pour elle. Ce fut le point de départ d'un procès sans lequel nous ignorions presque tout sur la rupture survenue en 1362.




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© Marie-Pierre MANET








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