La destinée de Gaston Fébus.
(Archives Départementales des Hautes-Pyrénées)



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Le mariage d'Agnès de Navarre avec le jeune Comte de Foix-Béarn qui - encore mineur - avait succédé à son père, Gaston II, en septembre 1343 a été l'œuvre de la femme de ce dernier, Aliénor de Comminges qui assurait la régence. Il y avait eu un premier projet de mariage avec l'héritière du Roi de Majorque. Le 22 juin 1343, le Roi d'Aragon, Pierre IV, annexait les Baléares et il ne fut plus question d'alliance avec une maison déchue. Il semble qu'Aliénor ait songé à Agnès de Navarre dès 1345. A l'automne 1346, le roi de France, Philippe VI de Valois, agissant au nom d'Aliénor demanda la main de la jeune fille à sa mère, Jeanne de France. Celle-ci était la fille du roi de France, Louis X Le Hutin, et veuve de Philippe d'Évreux, roi de Navarre. Toutefois, Agnès était la sixième des huit enfants du couple royal de Navarre. Le mariage fut différé jusqu'à l'époque où la fiancée serait nubile. Aliénor de Navarre trouvait son compte dans cette union avec une famille royale aussi illustre ; le puissant prince de Foix-Béarn était un beau parti pour cette cadette ; quant à Philippe VI de Valois, c'était pour lui un moyen de renforcer la fidélité des Comtes de Foix envers la couronne à une époque où, au lendemain au désastre de Crécy, il avait besoin du concours de tous ses vassaux. Recevant le sénéchal de Rouergue le 26 septembre 1347, Gaston III et son entourage n'en manifestèrent pas moins un esprit d'indépendance dangereux envers Philippe VI en déclarant publiquement que le Béarn ne dépendait d'aucun seigneur au monde.

Loin d'être abandonné, le projet de mariage fut mené à sa conclusion en 1349. La famille royale de Navarre, groupée autour de Jeanne de France, était venue séjourner à Paris pour régler des questions relatives à l'administration des domaines de la maison d'Évreux. Aliénor et Gaston III arrivèrent à la fin mars ou au début d'avril 1349, à Paris. Le contrat de mariage fut signé le 5 mai. Il comportait des clauses financières qui s'avérèrent capitales par la suite. La reine Jeanne s'engageait à donner en dot, à sa fille, 20.000 livres tournois ainsi que 2.000 livres tournois de rente promises dès les pourparlers de 1346 ; Philippe VI assigna cette rente en Juillet 1349 sur des terres de la sénéchaussée de Toulouse, à Cintegabelle, Montesquieu-Volvestre, Cazères-sur-Garonne. Pour sa part, Gaston III constituait un douaire de 5.000 livres à sa jeune épouse à l'aide de terres du Pays de Foix, situées à Caumont, Mazères et Saverdun. Les dernières négociations furent menées rapidement puisque le mariage fut célébré le 4 août par l'évêque de Laon, en l'église du Temple. (Tous les documents relatifs au mariage de Gaston et d'Agnès sont conservés dans les registres du Trésor des Chartres aux Archives Nationales : "La Gascogne dans les registres du trésor de Chartres" "Collection de documents inédits de l'histoire de France" série in-8e, vol 4 - Paris 1966 nº 715 - 718 - 724 - 735 - 739.)

Gaston et Agnès séjournèrent en Ile de France jusque vers la fin du mois de novembre 1349. Le nouveau couple semble avoir menée une vie fastueuse dans l'entourage de la Cour de France. Gaston III en profita pour se livrer à sa distraction favorite, la chasse. Beaucoup plus tard, dans son célèbre "livre de chasse" il évoqua ces jours heureux où il parcourait à la suite "des meutes du Roi Philippe et du Comte d'Alençon, son frère, les futaies de la forêt de Compiègne" ainsi que ses discussions en matière de vénerie avec la reine de Montmorency. Son alliance avec la famille de Navarre lui donna l'occasion d'affiner sa sensibilité littéraire et musicale, son goût pour la poésie de son époque car la reine, Jeanne de Navarre, avait recueilli Guillaume de Machaut, laissé sans protecteur après la mort à Crécy du vieux Roi de Bohême.




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© Marie-Pierre MANET








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